Sans surprise, le projet de loi de finances rectificative (LFR), contesté par la majorité parlementaire, a été renvoyé ce mardi 27 octobre en commission, afin de permettre au gouvernement et aux députés de trouver un consensus.
Le gouvernement sénégalais, par la voix de son ministre de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba, a demandé le renvoi de l’examen de ce texte en commission des finances. Il appelle ainsi à suspendre l’examen du budget révisé pour privilégier le « dialogue » et le « compromis », plutôt que de « prendre le risque d’une impasse institutionnelle », a-t-il déclaré au micro de RFI.
Le climat entourant l’examen de ce budget révisé était particulièrement tendu. Ces derniers jours, les députés des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), majoritaires au Parlement, ont formulé de nombreuses réserves. Ils dénoncent un niveau de recettes inférieur aux prévisions et une hausse des dépenses, ce qui, selon le gouvernement, rend la rectification du budget urgente.
Pour corriger ce déséquilibre, l’exécutif prévoit de réduire de 555 milliards de francs CFA (846 millions d’euros) les investissements publics. Le Pastef d’Ousmane Sonko refuse ces coupes, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’éducation, et exige un encadrement légal des fonds spéciaux dont dispose l’exécutif sans contrôle du législatif.
Le gouvernement demande donc des amendements. Mais la marge de manœuvre des députés reste étroite : les amendements ne sont recevables que s’ils augmentent les recettes ou réduisent les dépenses. D’où la proposition de l’exécutif de renvoyer l’examen de la LFR en commission des finances. Les débats reprendront donc en petit comité avant un nouvel examen par l’ensemble des députés, en plénière, dont la date doit être reprogrammée.
Le Sénégal traverse une crise économique et fait face à une dette publique estimée à 132 % du PIB à la fin de l’année 2024. En septembre, le FMI a annoncé un accord préliminaire avec le gouvernement sénégalais sur un nouveau programme d’aide de 2,2 milliards de dollars (1,93 milliard d’euros) sur 36 mois, destiné à stabiliser les finances publiques. L’institution financière n’a toutefois pas encore annoncé l’approbation de cet accord par son conseil d’administration.
Yahya Diallo pour Guistat.com

