Dans un communiqué publié ce jeudi 1er octobre 2026, le haut commandement militaire bissau-guinéen annonce interdire le retour au pays de l’ancien président Umaro Sissoko Embalo, attendu dimanche par ses partisans. La junte invoque des raisons de sécurité et d’ordre public. Cette décision survient quelques jours après l’annonce de sa candidature à la présidentielle de décembre.
A Bissau, le retour d’Umaro Sissoko Embalo n’aura pas lieu. Du moins pas dans les délais annoncés. Alors que ses partisans l’attendaient dimanche prochain, l’ancien président bissau-guinéen, en exil, est désormais officiellement empêché de rentrer en Guinée-Bissau. Dans un communiqué rendu public ce jeudi 1er octobre 2026, la junte militaire qui l’a renversé annonce interdire son retour au pays.
Selon le haut commandement militaire, « les conditions de sécurité nécessaires ne sont, pour le moment, pas réunies ». L’instance justifie également sa décision par la nécessité de « préserver l’ordre public », une condition qu’elle présente comme indispensable pour « garantir le retour » de l’ancien chef de l’État en exil. Une formulation qui, en creux, renvoie à un retour possible, mais à une date indéterminée et sous conditions.
Cette décision intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Elle est annoncée quelques jours seulement après que Umaro Sissoko Embalo a fait acte de candidature à l’élection présidentielle prévue en décembre prochain. Un calendrier qui n’est évidemment pas anodin : en empêchant l’ancien président de fouler le sol bissau-guinéen, la junte entend contrôler le rythme et les règles de la prochaine compétition électorale.
Pour l’heure, le principal intéressé n’a pas réagi à cette décision. Son entourage n’a pas non plus publié de communiqué. Reste donc une question centrale : Umaro Sissoko Embalo va-t-il se plier à l’interdiction édictée par les autorités militaires, ou tentera-t-il de rentrer malgré tout, comme il l’avait laissé entendre ?
La réponse sera scrutée de près, tant à Bissau qu’à l’étranger. Elle déterminera non seulement l’avenir immédiat de l’ancien président, mais aussi la trajectoire politique d’un pays déjà marqué par une longue instabilité institutionnelle. En interdisant ce retour, la junte envoie un message clair : elle entend rester maîtresse du calendrier. À Umaro Sissoko Embalo, désormais, de décider s’il accepte cette règle ou s’il défie ceux qui l’ont renversé.
Mohamed Souaré pour Guistat.com

