Les anciens agents retraités de l’hôpital ANAIM de Kamsar ont manifesté leur ras-le-bol ce mardi 27 octobre 2026. Entre pensions impayées, cotisations volatilisées et misère quotidienne, ces anciens, qui ont servi pendant plus de vingt ans, disent avoir été réduits à la mendicité.
Sana Banaro, l’un des plus anciens agents, raconte être entré à l’ANAIM et avoir travaillé cinq ans sans contrat ni rémunération.
« J’ai commencé à travailler à l’ANAIM en 1991. À l’époque, j’ai fait cinq ans sans salaire, sans contrat. En 1996, j’ai commencé mon contrat à 200 000 GNF par mois. Je me suis marié avec ça pendant dix ans. En 2006, j’ai été embauché. J’ai fait vingt ans de service et, jusqu’en 2026, je suis toujours de grade 1. Je suis resté stagné, souffrance sur souffrance », a-t-il dénoncé.
Au-delà de la stagnation, il pointe une gestion qu’il juge catastrophique des prélèvements sociaux.
« Il y a un problème. Les cotisations que les travailleurs paient, comme les 40 % de retraite complémentaire à la Caisse nationale de sécurité sociale, il n’y a rien dans la caisse. L’argent de nos enfants, les allocations familiales, ils ont tout mangé. Quand tu dénonces, on te traite de mauvaise personne ou de fou », a-t-il martelé.
Père de huit enfants, il affirme ne pas même pouvoir obtenir un prêt bancaire de 20 millions de GNF pour offrir un terrain à sa famille, à cause de la faiblesse de ses revenus, restés inchangés depuis des années.
Un cri de détresse partagé par El Hadj Sadio Bah, ancien chauffeur parti à la retraite en 2024. Pour lui, la retraite est synonyme d’endettement.
« J’étais chauffeur à l’ANAIM, je suis à la retraite depuis 2024. Je prends des crédits pour pouvoir manger. Je sollicite le général Mamadi Doumbouya pour que je puisse avoir mon argent. Ils doivent comprendre que ceux qui travaillent aujourd’hui seront comme nous demain », a-t-il lancé.
Désemparé, il raconte son calvaire administratif : « On ne peut pas retraiter quelqu’un et refuser de lui donner son argent. Ils nous ont transformés en misérables. Nous faisons des prêts pour manger. Je suis allé à la Caisse nationale, ils disent que mon nom n’existe même pas sur la liste », fustige El Hadj Sadio Bah.
Hadja Komara Diané, également retraitée, confirme l’échec du dialogue social. Pour elle, la manifestation était inévitable.
« Nos syndicats ont mené beaucoup de démarches sans suite. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, on est venu manifester ici. Nous demandons au président Doumbouya de jeter un regard sur notre situation », a-t-elle indiqué.
Selon elle, vingt-quatre mois de prélèvements destinés à l’épargne et à la retraite complémentaire n’ont jamais été reversés, et les pensions sont bloquées depuis 2024.
« Nos points de revendication : le régime d’épargne, ils ne paient pas. Ils déduisent de notre argent depuis 24 mois, ils ne versent aucun franc au compte de la Caisse nationale de sécurité sociale. La retraite complémentaire, ils ne la versent pas. L’argent des retraités depuis 2024 : ceux qui sont concernés ne sont pas entrés en possession de leur pension. Alors qu’eux mènent de belles vies. Je demande au président de dépêcher une équipe s’il veut réellement connaître nos difficultés », a-t-elle sollicité.
Mamadou Saliou Camara pour GuiStat.com

