Le procès de l’affaire de l’Office guinéen de publicité (OGP) s’est ouvert, ce vendredi 30 octobre 2026, devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). L’ancien directeur général de l’OGP, Mandian Sidibé, a comparu à la barre aux côtés de Pépé Haba et du comptable Aboubacar Sidiki Konaté.
Les trois hommes doivent répondre de lourdes accusations : détournement présumé de deniers publics, abus de fonction, corruption, atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics, octroi d’avantages injustifiés, concussion et complicité.
L’État évalue le préjudice allégué à 78 milliards GNF, un montant que Mandian Sidibé conteste avec véhémence.
Interrogé sur les faits à la barre, l’ancien directeur général a nié en bloc et dénoncé une cabale visant à le discréditer aux yeux du chef de l’État :
« C’est pour me nuire auprès du président de la République. Le montant de 78 milliards GNF a été savamment inventé et nous a été collé. Cela dépasse même le budget que nous avons géré. Il n’y a aucune pièce justificative de ces 78 milliards. Nous sommes victimes d’un acharnement », a-t-il déclaré.
Appelé à s’expliquer sur la gestion de l’Office, l’ancien directeur général est revenu sur les dépenses engagées pour les campagnes d’affichage. Il a notamment justifié le coût des supports réalisés lors de la visite du président rwandais Paul Kagame en Guinée :
« Les affiches conçues à l’occasion de l’arrivée du président Paul Kagame pour l’inauguration du pont de Kagbélen portant son nom ont coûté plus de 2 milliards de GNF », a-t-il expliqué à la barre.
Autre point sensible du procès : la question des recrutements massifs au sein de l’OGP. Sur ce volet, Mandian Sidibé n’a pas hésité à mettre en cause le conseiller personnel du président de la République, Thierno Mamadou :
« Au moment où le président du CA déclarait publiquement que les recrutements étaient interdits, en privé, il m’en imposait des recrutements. Il n’était pas le seul, les autres membres en faisaient autant également », a-t-il lancé.
Au moment où on met cet article en ligne, l’audience est suspendue à la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières. Elle va reprendre à 14 heures pour la suite des débats.
Affaire à suivre!
Mamadou Saliou Camara pour GuiStat.com

