Le tronçon Dubréka-Tanènè, l’un des axes les plus stratégiques et les plus fréquentés du pays, se trouve aujourd’hui dans un état de dégradation très avancé. Une situation qui se matérialise par les nids-de-poule béants, chaussée défoncée, bourbiers en saison des pluies. Un calvaire pour les usagers, malgré l’existence d’un poste de pesage-péage à Tanènè, censé précisément financer l’entretien de cette route.
Une contradiction qui a amené l’honorable Fanta Conté à sortir de son silence lors de l’examen de l’accord de prêt pour le bitumage de la route Labé-Tougué.
Pour la parlementaire, les fonds mobilisés aux différents postes de pesage-péage à travers le pays sont de l’argent du contribuable guinéen et devraient servir en priorité à l’entretien routier. Or, sur le terrain, la réalité est tout autre.
« L’état de dégradation aujourd’hui de ce tronçon Dubréka-Tanènè, moi, ça m’inquiète et je me pose des questions, parce que normalement, les fonds mobilisés dans le cadre de ce poste de péage devaient servir au financement de l’entretien routier. Et aussi les autres postes de pesage-péage qui existent, puisque c’est l’argent payé par le contribuable guinéen », a-t-elle dénoncé.
Selon elle, on ne peut pas continuer à construire de nouveaux postes de péage sans dresser le bilan de la gestion des anciens.
« Pourquoi je parle du poste de péage de Tanènè ? C’est parce que, dans cet accord, il est prévu la construction d’un poste de péage. Et pour asseoir notre conviction par rapport à l’utilité de ces postes de péage au niveau de nos routes, il est important qu’on ait une situation claire par rapport aux postes qui existent déjà. Les fonds qui ont été mobilisés, à quoi ces fonds ont servi ? », a-t-elle martelé.
Pour éviter que l’Assemblée ne continue à ratifier des accords sans suivi, la députée est revenue à la charge. Et pour que les recommandations du Parlement ne restent pas lettre morte, elle exige désormais des délais contraignants pour le gouvernement.
« Je réitère cette proposition : vu que nous avons commencé les travaux, il serait pertinent et important que le bureau pense à mettre rapidement en place une commission de suivi des accords et conventions dont l’Assemblée a autorisé la ratification. Ce sont les mêmes recommandations qui reviennent depuis l’époque du CNT jusqu’à maintenant. J’ai l’impression qu’on ne nous prend pas au sérieux. Il serait important que l’Assemblée, en faisant des recommandations, fixe des délais pour que le gouvernement sache qu’on n’est pas là pour s’amuser, mais que les recommandations que nous faisons, c’est au nom du peuple de Guinée », a-t-elle laissé entendre.
Une prise de parole qui résume le ras-le-bol de nombreux citoyens face à la dégradation des infrastructures routières, malgré les taxes payées quotidiennement.
Mamadou Saliou Camara pour GuiStat.com

