Première cause de cancer chez les femmes, le cancer du sein demeure une pathologie redoutable, mais guérissable lorsqu’il est dépisté à temps. À l’occasion d’Octobre Rose, le Dr Ben Youssouf Keita fait le point sur cette maladie : facteurs de risque, symptômes et importance cruciale d’un diagnostic précoce.
Le cancer du sein est une maladie insidieuse aux origines multiples. Il est généralement d’origine idiopathique, ce qui signifie que sa cause exacte peut parfois rester inconnue. Plusieurs facteurs prédisposants sont toutefois clairement identifiés.
« Une prédisposition est observée en présence de cas dans la même lignée : mère, tante, grand-mère, sœur ou cousine. Il touche majoritairement les femmes âgées de 25 à 65-70 ans. Le tabagisme et la consommation excessive d’alcool constituent également des facteurs favorisant son apparition », précise le Dr Ben Youssouf Keita.
Sur le plan clinique, la maladie se caractérise par son évolution insidieuse. Au tout début, elle évolue « sans crier gare, ne provoquant ni douleur, ni fièvre, ni gêne particulière. Le premier signe physique est généralement l’apparition d’une boule ou d’une petite tumeur, le plus souvent localisée dans le quadrant supérieur externe du sein droit ou gauche », a-t-il indiqué.
Le Dr Ben Youssouf Keita insiste sur le danger d’une prise en charge tardive.
« Si la tumeur n’est pas détectée à un stade précoce, elle continue d’évoluer jusqu’à former une masse importante susceptible de déformer le mamelon, la peau, ou même de provoquer une plaie. À ce stade avancé, les chances de guérison s’amenuisent considérablement », alerte-t-il.
Face à une suspicion, indique le médecin, la confirmation du diagnostic repose sur une biopsie. Une fois le cancer confirmé, la stratégie thérapeutique peut associer « une intervention chirurgicale de type mastectomie avec curage des ganglions axillaires. Il existe aussi des traitements complémentaires tels que la chimiothérapie, la radiothérapie ou l’immunothérapie », précise-t-il.
Parce que le pronostic dépend directement de la précocité du diagnostic, la prévention demeure la meilleure arme, conseille le chirurgien. Il recommande notamment aux jeunes filles et aux femmes l’auto-palpation.
« Elle consiste à se palper les seins au moins une fois par semaine, par exemple sous la douche, et à vérifier l’absence de boule ou de modification face à un miroir », conseille-t-il.
L’autre recommandation du chirurgien est la mammographie. Cet examen d’imagerie, dit-il, est recommandé à partir de 40 ans, avec un suivi plus régulier entre 40 et 70 ans, afin de détecter les tumeurs avant qu’elles ne soient palpables.
Yamoussa Cheick Camara pour Guistat.com
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