Au lendemain de la visite d’État de 48 heures effectuée par le président guinéen Mamadi Doumbouya en Côte d’Ivoire, où il a rencontré son homologue Alassane Ouattara, une polémique est née autour du traitement de l’information par la chaîne de télévision française France 24.
Lors du lancement d’un sujet consacré au renforcement de la coopération économique, commerciale et sécuritaire entre la Guinée et la Côte d’Ivoire, un journaliste de la chaîne a introduit les propos du dirigeant guinéen en ces termes : « On écoute d’abord le président putschiste ». Une formulation qui n’a pas tardé à provoquer l’ire des autorités guinéennes.
Dans une décision rendue publique ce jour, la Haute Autorité de la Communication (HAC), l’instance de régulation des médias en Guinée, a adressé une mise en demeure à France 24. Selon l’institution, le qualificatif employé constitue une « erreur » et un « qualificatif inapproprié » qui « viole » la Constitution guinéenne ainsi que le respect dû aux Institutions de la République.
La HAC ne s’est pas contentée d’une simple réprimande. Elle invite fermement le média international à procéder à une rectification sur l’ensemble de ses canaux numériques, notamment sur les plateformes de réseaux sociaux et YouTube. Faute de quoi, prévient l’instance, des sanctions pourraient être prononcées à l’encontre de la chaîne.
Interrogée sur cette mise en demeure, la direction de France 24 n’a pas encore réagi publiquement de manière officielle. Cependant, les effets de la pression semblent déjà se faire sentir.
En effet, dans la description de la vidéo du reportage, toujours disponible sur la plateforme YouTube et visionnée par notre rédaction, France 24 a ajouté une précision laconique. On peut y lire : « Dans cette vidéo le président guinéen Mamadi Doumbouya a été qualifié par erreur de président putschiste ».
Cette mention, bien que répondant partiellement à l’exigence de rectification, suffira-t-elle à apaiser la tension entre la chaîne française et les autorités guinéennes ? Rien n’est moins sûr. La HAC exige une correction sur « l’ensemble de ses canaux », ce qui pourrait impliquer des excuses en direct ou une modification en profondeur de la ligne éditoriale concernant la Guinée.
Alors que la visite de Mamadi Doumbouya en Côte d’Ivoire visait à renforcer les liens économiques et sécuritaires régionaux, c’est finalement une bataille médiatique qui retient l’attention. La balle est désormais dans le camp de France 24 : une rectification complète suffira-t-elle à éteindre la polémique, ou la chaîne risque-t-elle de devenir le premier média international à être interdit sous le régime de Mamadi Doumbouya ?
Mohamed Souaré pour Guistat.com

