Avec une seule abstention, les députés de la 10e législature ont adopté, le week-end dernier, un projet routier de 300 millions d’euros en Moyenne-Guinée. Il porte sur la construction et le bitumage de la route nationale Labé–Tougué (148,860 km), de la bretelle Banti–Koubia (11,443 km) et d’un pont de 200 mètres sur le Bafing. Ce projet n’est cependant pas le premier du genre en Guinée.
Au cours de la plénière, le président de l’Assemblée nationale a soulevé la question de la qualité des infrastructures réalisées. Dr Dansa Kourouma a prévenu qu’il fallait désormais placer « le curseur à un niveau élevé quant à la qualité des infrastructures routières. Et ce n’est pas en deux heures de débat qu’on peut régler la question de la qualité des infrastructures. Je voudrais que chaque commission fasse son boulot. Si chaque député, chaque commission fait son travail, je suis sûr et certain qu’il y a des erreurs du passé qui ne vont pas se reproduire. Mais si cela se limite au débat dans cette salle, après la salle, c’est fini. On fera du spectacle devant la population en lui donnant une fausse illusion », a-t-il martelé d’entrée de jeu, avant d’ajouter :
« Finalement, personne n’est là pour suivre ce qui se fait sur le terrain. Les députés de Tougué sont là. Il y a d’autres députés de Labé. Si ceux-ci s’ajoutent aux députés de Koubia, aux députés de Tougué, pour veiller à la qualité de cette réalisation, jour pour jour, je suis sûr et certain que le gouvernement prendra ses responsabilités. On a une commission de l’environnement, une commission des infrastructures. Si cette commission fait son boulot, je suis sûr et certain que cela sera bien. Donc, c’est important pour moi d’insister, de ramener la responsabilité au niveau réel de la responsabilité », estime-t-il.
Par ailleurs, il a rappelé qu’il revient également aux députés d’entendre le ministre des Infrastructures et ses collaborateurs sur la qualité des infrastructures routières. « Tant que ce travail ne se fait pas avec patriotisme, avec responsabilité, on va débattre indéfiniment en plénière. À la fin, il n’y a pas de rapport, il n’y a pas de mission d’évaluation, il n’y a pas de mission d’enquête parlementaire. Il faut qu’on commence les missions d’enquête parlementaire ; les engagements pris ici, devant la représentation nationale, doivent être respectés », a-t-il insisté, avant de lancer une mise en garde :
« Si ce n’est pas respecté, celui qui a la responsabilité de le faire sera convoqué devant l’hémicycle pour s’expliquer devant l’opinion nationale. Il s’agit de cela, la responsabilité. Mais trente minutes ou deux heures de débats ne nous dédouanent pas de notre responsabilité en tant que députés, en tant que commission, dans le travail qu’on est amené à faire. Je voudrais que chacun sache qu’on a du travail après cette ratification. Il y a d’autres boulots à faire, donc soyons vigilants à ce que nous faisons », a-t-il déclaré.
Toujours selon Dr Dansa Kourouma, « on a beaucoup de mauvaises expériences en Guinée. Quand on vote les accords avec faste, avec rapidité, dans le souci que cela puisse contribuer à améliorer les conditions de la population, mais cela ne dure pas longtemps. La joie de la population s’estompe du fait d’une mauvaise réalisation de la route. Nous sommes responsables, au même titre que le gouvernement, quant à la mauvaise qualité de réalisation. Chacun doit revoir sa copie et faire son travail », a-t-il conclu.
Mohamed Lamine Souaré pour Guistat.com
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