Découverts le 24 août dans une forêt d’Allassoyah, les corps de six hommes ligotés et les yeux bandés n’ont toujours pas été identifiés. Alors que la Commission nationale de défense et de sécurité (CNDS) promet que « toute la lumière sera faite », l’opposant Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre et président de l’UFDG dissoute, a exprimé ce jeudi 3 septembre sur RFI un profond scepticisme quant à la volonté des autorités de mener une enquête sérieuse.
Pour l’opposant, les premiers gestes des autorités sont déjà « sources d’inquiétude ». Il déplore que les corps aient été réenterrés « sans faire l’autopsie, sans avoir cherché à identifier les corps ». Selon lui, « il n’y a vraiment aucun signe d’espoir par rapport à ça », alors que des experts indépendants réclament des analyses ADN et des autopsies.
L’opposant a rappelé que la Guinée compte de nombreux cas de disparitions forcées non résolus, avec « au moins une douzaine de jeunes, de citoyens, portés disparus » sans que la justice n’ait fourni de résultats. Il a également souligné que la fosse a été découverte « non loin du camp de Kaléyah, le camp occupé par les forces spéciales », un élément qui alimente les soupçons de la société civile.
Le parquet de Forécariah a ouvert une enquête et la CNDS a appelé au calme, assurant que les conclusions seront rendues publiques. Mais la défiance reste forte. Un collectif de partis et d’ONG a saisi l’ONU pour réclamer une enquête internationale indépendante, tandis que 20 organisations africaines exigent la participation d’experts médico-légaux. La France a également appelé à une enquête « en toute transparence ».
Dans ce climat de suspicion, les déclarations de Cellou Dalein Diallo illustrent la méfiance d’une partie de l’opposition et de la société civile face à un pouvoir déjà critiqué pour sa gestion des droits de l’homme. L’enquête devra convaincre de son indépendance pour apaiser les tensions et faire toute la lumière sur cette affaire.
Ousmane Sylla pour GuiStat.Com

