C’est une défense pour le moins surprenante. Séquestré ce mardi par ses propres employés, qui réclament deux ans et huit mois d’arriérés de salaire, le directeur général de la SODITEV, Oumar Keita, s’est démarqué de son patron, Ibrahima Abé Sylla. Selon lui, les travailleurs ont raison et c’est le PDG qui les a tous trompés.
Pour M. Keita, leur revendication est légitime et non négociable. Il accuse le PDG d’avoir multiplié les promesses sans jamais les tenir et d’avoir trompé l’ensemble du personnel.
« Les collègues ont raison de demander leur salaire, parce que c’est normal. Quand quelqu’un travaille, il doit percevoir son salaire. C’est obligatoire. Notre patron nous a tellement promis de choses, et les promesses n’ont jamais été tenues. Il nous a aussi trompés, parce que chaque fois, on te dit de travailler en promettant que, quand il y aura ceci, tu auras cela, et après, on ne voit rien », dénonce-t-il.
Selon le DG, un accord clair avait pourtant été conclu avant l’installation des nouveaux équipements.
« Il nous avait dit que, lorsque les nouveaux équipements seraient installés, tout le monde recevrait ses arriérés de salaire et qu’il continuerait à nous payer. Mais ce n’est pas ce qui a été fait. On a travaillé, on a installé les équipements, puis on a commencé à vendre les décodeurs, mais c’est un monsieur qui ne veut même pas qu’on lui parle de salaire. C’est ce qui a énervé les travailleurs », explique Oumar Keita.
Dans sa déclaration, il assure partager la souffrance de ses agents et décrit une situation sociale dramatique.
« Il faut donc qu’il les paie. Nous sommes tous dans la même situation. Les gens ont souffert, très souffert. Il y en a même qui ont été délogés. D’autres se sont séparés de leur femme. Nos enfants ne vont pas à l’école. Il y a tout cela. On en a marre. Je fais partie de cette situation », confie-t-il.
Face aux rumeurs selon lesquelles il aurait lui-même perçu de l’argent, le DG évoque un faux débat et exige des preuves.
« C’est un faux débat. Moi, je suis là : si j’avais reçu une somme d’argent, les travailleurs le sauraient. Il n’y a pas de preuve. On lui a demandé, au PDG, d’envoyer la preuve ; il n’y en a pas. C’est un faux débat. Tout ce que nous réclamons, ce sont nos arriérés de salaire. Nous ne voulons rien d’autre. Voilà, nous sommes fatigués », a conclu Oumar Keita, directeur général de la SODITEV.
Mamadou Saliou Camara pour GuiStat.com

