Pour plusieurs partis politiques, le bouc émissaire des violences observées en France les 17 et 18 octobre tient en trois lettres : LFI, acronyme de La France insoumise. Chacun y va de sa critique contre le parti de Jean-Luc Mélenchon. Certains candidats et responsables politiques l’accusent d’être en partie responsable de ces débordements. Les Insoumis, eux, réfutent tout appel à la violence et tout lien avec les pillages.
La gauche n’est pas en reste. Le social-démocrate Raphaël Glucksmann accuse Jean-Luc Mélenchon d’être le « marchepied de l’extrême droite » et d’être « incapable de condamner clairement » les violences.
Au sein de l’exécutif, Sébastien Lecornu a demandé à Jean-Luc Mélenchon de « choisir son camp » : « soit celui de la République et des forces de l’ordre, soit celui des casseurs ». Certains vont plus loin et réclament l’interdiction du parti. C’est le cas de Gérard Larcher (LR), président du Sénat. Dans un entretien au Figaro du lundi 19 octobre, il estime qu’une interdiction de LFI peut être envisagée : « Nous avons pu dissoudre Génération identitaire et La Jeune Garde… LFI tient une grande part de responsabilité dans le discours de haine. » Avant de prévenir : « Attention à ceux qui cherchent l’insurrection. »
Le parti réfute tout encouragement à la violence et tout lien avec les pillages. « On ne dirige pas le mouvement populaire, il se dirige lui-même », se défend Jean-Luc Mélenchon. Interrogé sur LCI le dimanche 18 octobre sur sa condamnation des violences commises en marge de la mobilisation, il finit par les condamner, sans sembler y accorder beaucoup d’importance : « C’est toujours le grand mot, “condamner”. Allez, d’accord, je condamne… Ça change quoi, madame ? » Il s’agace aussi d’être « le seul à devoir autant s’expliquer » : « J’ai déjà fait dix fois un discours sur la nécessité de recourir à la non-violence. Est-ce que vous connaissez un seul responsable syndical ou politique qui en ait fait autant que moi ? », s’est-il interrogé lors de cette interview.
Le dimanche 18 octobre, le président Emmanuel Macron avait promis d’être intraitable face aux casseurs, tout en reconnaissant des défaillances dans le maintien de l’ordre.
Yahya Diallo pour Guistat.com

