Les nouveaux étudiants orientés à l’Université de Labé sont confrontés à des problèmes quotidiens, notamment en matière de logement et de nourriture, entre autres. Interrogés, certains d’entre eux ont accepté de partager la réalité qu’ils vivent au quotidien.
Nouvellement orienté à l’Université de Labé, au département Informatique, Joseph Delamou s’est vu contraint de partager une chambre avec ses collègues, faute de logement.
« Les conditions de vie à Hafia, ce n’est pas facile, hein, parce que dans notre chambre, nous sommes quatre et la chambre est très petite. Aussi, pour la préparation, il faut quitter l’université à 17 h et rentrer pour préparer à manger ; et c’est tous les jours, du lundi au samedi. Pour ce qui est du prix de la location, on paie 1 800 000 FG la chambre par an, et on paie cash avant qu’on ne te donne la clé », a-t-il expliqué.
De son côté, Pépé Daye Kolon Pogomou et ses amis ont cherché un logement sans succès depuis pratiquement une semaine. Ils tournent en rond à la quête d’une habitation.
« Vous me voyez avec de l’huile, c’est parce que je n’ai pas trouvé de logement. Depuis que je suis venu, cela fait presque une semaine que je cherche, mais je n’ai pas trouvé. Je suis avec mes amis. Même tout de suite, on était à la quête d’un logement ; c’est sur le chemin que nous avons acheté ce bidon d’huile à 90 000 FG. Là aussi, les prix des denrées sont élevés ; sinon, ce bidon se négociait entre 75 000 et 80 000 FG. Nous, c’est notre grand frère qui nous a hébergés. Comme il avait déjà sa chambre, il est en Licence 3, nous sommes maintenant cinq dans sa chambre. Donc, avec cette huile, on descend tout de suite préparer, puisque depuis notre arrivée, nous n’avions pas pu cuisiner. Nous mangions ce que nous avions apporté, notamment des boules d’acassa. Lorsque les orientations ont été publiées, nous étions restés à N’Zérékoré. Nous avions négocié une chambre ; il avait même demandé qu’on paie 1 800 000 FG. Finalement, nous avons versé une avance de 1 200 000 FG. Et voilà que, prêts à venir, nous l’appelons et il nous dit qu’il ne loge pas les garçons, seulement les filles. Il nous a restitué notre argent », a-t-il fait savoir.
Pour leur part, Kemoko Soumah et son ami, venus de Conakry, ont payé une avance de 600 000 FG à un démarcheur qui, pour l’heure, ne répond pas à leurs appels téléphoniques. « On vient d’arriver comme ça. On avait négocié une chambre avec notre démarcheur et on avait même payé une avance de 600 000 FG. Maintenant que nous sommes arrivés ici, on l’appelle en vain : il ne décroche pas. On est venus au niveau des dortoirs pour voir s’il y a de la place. Et si on ne trouve pas, nous allons appeler des connaissances ; sinon, nous remonterons la situation à nos parents à Conakry », a-t-il déploré.
Au moment où nous quittions les lieux, de nombreux étudiants se débrouillaient auprès de la population locale afin de trouver un logement.
Labé, Bachir Diallo pour Guistat.com

