La capitale guinéenne accueille depuis ce mardi un forum régional de haut niveau organisé par le FMI et AFRITAC de l’Ouest. Pendant quatre jours, experts et décideurs de la sous-région vont plancher sur les mécanismes de remboursement des crédits de TVA et l’optimisation des recettes fiscales, dans un contexte où la mobilisation des ressources intérieures devient un enjeu stratégique pour les États ouest-africains.
Présidant la cérémonie d’ouverture, la ministre guinéenne de l’Économie, des Finances et du Budget a posé le cadre des débats avec une conviction affirmée : la souveraineté financière passe par une mobilisation efficace des recettes intérieures. « Le remboursement des crédits de TVA légitimes, dans des délais clairs et prévisibles, constitue un levier essentiel pour soutenir la compétitivité des entreprises, renforcer la confiance des contribuables et améliorer durablement le climat des affaires », a-t-elle martelé.
Une position qui traduit la volonté du gouvernement guinéen de transformer l’administration fiscale en moteur de développement économique, plutôt qu’en simple outil de prélèvement.
Pour le représentant résident du FMI, également porte-parole du directeur d’AFRITAC de l’Ouest, le problème est clair : les retards dans le remboursement des crédits de TVA pèsent lourdement sur la trésorerie des entreprises et altèrent la confiance des contribuables. Il a appelé à un « renforcement du dialogue » entre les administrations fiscales régionales et à une « capitalisation sur les opportunités offertes par la digitalisation ».
L’enjeu est d’autant plus important que ces retards constituent une faiblesse structurelle récurrente, identifiée par les évaluations TADAT (Diagnostic de l’administration fiscale) et PEFA (Cadre de dépenses à moyen terme). La digitalisation apparaît comme une piste prometteuse pour corriger ces dysfonctionnements, en permettant un traitement plus rapide et plus transparent des dossiers.
Ce forum de quatre jours s’inscrit dans une dynamique plus large, celle d’une coopération régionale renforcée pour améliorer la gestion des finances publiques. Selon le ministère guinéen, l’événement « témoigne de la volonté du gouvernement de renforcer l’efficacité de la gestion des finances publiques et de créer un environnement plus favorable à l’activité économique et à l’investissement ».
Les échanges entre les délégations des pays membres d’AFRITAC de l’Ouest devraient permettre de partager les bonnes pratiques et d’identifier des solutions concrètes pour harmoniser les procédures fiscales, dans un espace où la libre circulation des biens et des capitaux impose une certaine convergence des règles.
Alors que les États ouest-africains cherchent à diversifier leurs sources de financement et à réduire leur dépendance aux marchés internationaux, l’efficacité des systèmes fiscaux devient un enjeu de souveraineté. Ce forum de Conakry pourrait marquer une étape décisive dans la modernisation des administrations fiscales de la région, à condition que les résolutions qui en sortiront se traduisent par des réformes concrètes. Les regards sont désormais tournés vers les conclusions qui seront rendues le 4 septembre prochain.
Mariame Sylla