La chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a condamné ce mercredi 21 octobre 2026, Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour constitutionnelle, à sept ans de prison et à 2 milliards de francs guinéens d’amende. Ses coprévenus en fuite écopent chacun de dix ans d’emprisonnement et de 5 milliards de francs guinéens d’amende. Les prévenus ont été reconnus coupables des faits de corruption, d’enrichissement illicite, de blanchiment de capitaux, entre autres, dans une affaire de détournement portant sur 20 milliards de francs guinéens.
La décision a été rendue en l’absence de l’avocat du prévenu. À la sortie de l’audience, l’avocat représentant l’agent judiciaire de l’État dans le dossier a exprimé sa satisfaction. Maître Pépé Antoine Lama se réjouit de la décision rendue : « C’est avec une grande satisfaction que l’État guinéen, représenté par l’agent judiciaire que nous représentons dans cette procédure, accueille cette décision. Elle vient conforter la République de Guinée dans sa démarche noble et dynamique de moralisation de la vie publique, dans sa démarche de recouvrement des avoirs de l’État qui ont été détournés et dilapidés. Par cette décision, il a été acté qu’on ne doit pas jouer avec les ressources publiques ; on doit faire preuve de transparence lorsqu’on a la responsabilité de gérer les ressources publiques. L’État guinéen a bénéficié de la confiscation des biens du prévenu. Nous allons, dans les jours à venir, entreprendre des démarches pour que cette décision soit effective dans son exécution. Ce n’est que le début du commencement ; les poursuites vont continuer et nous espérons aller au bout de nos efforts », promet l’avocat.
Interrogé sur un éventuel appel de la défense, l’avocat de l’État dit attendre une telle action avec fermeté : « C’est le droit le plus absolu pour toutes les parties d’exercer les recours si elles ne sont pas satisfaites. En tout cas, nous, État guinéen, sommes satisfaits de cette décision. Et si le prévenu relève appel, nous serons présents en appel pour démontrer à nouveau le bien-fondé de cette décision qui, pour nous, a été rendue conformément à la loi », a-t-il prévenu.
Il faut rappeler que Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour constitutionnelle, a été condamné avec ses trois coprévenus au paiement de 41 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts au profit de l’État guinéen dans ce dossier. L’affaire porte sur un détournement de 20 milliards de francs guinéens dans le cadre du fonctionnement de la Cour constitutionnelle pendant leur gestion, avant 2021.
Ansou Bailo Baldé pour GuiStat.com
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