L’heure n’est plus à l’affrontement entre le gouvernement et les enseignants contractuels de Guinée. En tout cas, la Coordination du Collectif des enseignants contractuels communaux non retenus de Guinée, qui avait menacé, lors de la dernière assemblée générale extraordinaire des syndicalistes, de passer à la vitesse supérieure à partir de cette semaine si rien n’était fait par les autorités, appelle désormais l’ensemble des contractuels à l’apaisement. Dans un entretien accordé à Guistat.com ce lundi 12 octobre 2026, le coordinateur général du Collectif, Diaka Sow, a rappelé « la bonne volonté des autorités de prendre en compte cette situation conformément aux principes du protocole d’accord du 3 janvier 2026 ». Il en a profité pour appeler ses collègues à s’inscrire sur la plateforme et à faire du concours une priorité.
Ci-dessous, l’intégralité de l’interview.
Guistat.com : Bonjour, M. Sow. Nous vous contactons au sujet de votre annonce de la semaine dernière, lors de l’assemblée générale extraordinaire convoquée par les syndicats, à savoir l’Intersyndicale de l’éducation. Vous-même, en tant que coordinateur du Collectif des enseignants contractuels communaux non retenus, vous avez annoncé que, si l’État ne faisait rien, vous passeriez à la vitesse supérieure cette semaine, que les choses sérieuses commenceraient. À ce jour, maintenez-vous cette position après votre rencontre, lors de la reprise des discussions avec les autorités, le samedi 10 octobre 2026, au ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique ?
Diaka Sow : Je pense que, a priori, nous avons lancé le préavis, y compris la menace, si toutefois les choses n’étaient pas en bonne voie de se concrétiser. Heureusement, le gouvernement, à travers le ministère de la Fonction publique, précisément la Direction générale de la Fonction publique, a eu la bonne foi de nous recevoir, et toutes les dispositions ont été prises pour que les travaux continuent et que nous puissions obtenir gain de cause dans un bref délai. Nous sommes donc sur cette voie avec toutes les parties prenantes. Les choses, en tout cas, sont sur la très bonne voie, même si nous ne pouvons pas nous prononcer sur certains contenus. Mais ce qui reste clair, c’est que le gouvernement a eu la bonne volonté de prendre en compte cette situation conformément aux principes du protocole d’accord du 3 janvier 2026, et que les choses seront respectées. Par la suite, ceux qui seront habilités ou autorisés à faire le concours le feront. Nous autres aussi, nous sommes dans cette dynamique. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons invité nos collègues à s’inscrire sur la plateforme et à faire de ce concours une priorité, parce que le gouvernement veut vraiment créer un équilibre, instaurer de la transparence et de l’équité, et donner une chance à tous les candidats. Et nous saisissons cette opportunité parce que nous avons déjà travaillé pendant plusieurs années et que nous avons suffisamment d’expérience en la matière. Je pense donc que ce n’est plus un problème : nous ne sommes plus en position d’affrontement, mais en position de bonne collaboration, afin que les filles et fils de la Guinée puissent continuer à étudier dans des conditions appropriées et de qualité.
Guistat.com : Cela signifie-t-il désormais que le Collectif est favorable au concours et que les menaces lancées sont écartées ?
Diaka Sow : Je n’ai pas dit que le Collectif est favorable au concours. Un protocole a été signé. Le protocole est clair : les personnes qui ont franchi toutes les étapes ne seront pas soumises à un quelconque concours. En revanche, ceux qui ne sont pas en règle, à savoir ceux qui n’ont pas franchi toutes les étapes — le contrat, l’identification, le pré-enrôlement, la biométrie et le concours spécifique en classe —, doivent se soumettre au concours. Car on n’accepte pas n’importe qui dans la fonction publique. On y accède sur la base de critères bien définis.
Guistat.com : Mais vous appelez les autres à s’inscrire sur la plateforme. N’est-ce pas une volte-face ?
Diaka Sow : Justement, parce que eux n’ont pas franchi ces étapes, ils ne les ont pas accomplies. Nous, nous les avions déjà franchies par le passé. Comprenez-vous ? Il s’agit de ceux qui ne se sont pas conformés aux règles fixées par la fonction publique. C’est la réalité. Nous, nous avions déjà rempli ces conditions. Si nous ne l’avions pas fait, nous aurions dû nous soumettre obligatoirement au concours. Aujourd’hui, parmi ceux qui ne l’ont pas fait, tout le monde ne doit pas accéder automatiquement. Les critères doivent être transparents et équitables. C’est ce que nous dénonçons : les affaires de corruption, d’injustice… Mais il faut aussi que nous, qui réclamons, soyons respectueux des principes et des lois de la République. Nous n’allons pas agir en dehors de ces lois.
Guistat.com : En somme, vous et le gouvernement êtes désormais partis sur de bonnes bases ?
Diaka Sow : De très bonnes bases. Je pense que nous allons voir le bout du tunnel très bientôt. En tout cas, pour l’instant, il n’y a pas de péril en la demeure ; il n’y a pas d’affrontement entre le syndicat et le gouvernement, et j’ose espérer que les choses vont s’arranger dans les jours ou les semaines à venir. Vous avez vu le réaménagement du concours : ce qui était programmé au début de 2027 a été ramené au 17. J’ai déjà reçu avant-hier le communiqué du ministère de la Fonction publique, qui indique que toutes les dispositions sont déjà prises, suite à l’instruction du président de la République, Son Excellence Mamadi Doumbouya, qui veut doter les écoles d’enseignants compétents, mais également qualifier le système éducatif. Vous avez vu : certains enfants ont repris les cours, d’autres ne les ont pas repris par manque d’enseignants. Donc, accepter le recrutement de ces enseignants maintenant, nous n’y sommes pas opposés. Je pense que c’est une manière de faciliter le recrutement de ceux de l’intérieur. En priorité, le besoin se trouve à l’intérieur, pas dans la capitale.
Guistat.com : Le recrutement des 6 000 enseignants annoncé concerne justement les enseignants de l’intérieur du pays, puisque le communiqué et les instructions ont été clairs. Êtes-vous d’accord pour partir tous à l’intérieur du pays, Diaka Sow, étant donné que la majorité de votre Collectif est à Conakry ?
Diaka Sow : Nous sommes d’accord à 1 000 %. Dès que l’arrêté sera disponible, nous demanderons à tout le monde de rejoindre son poste. Déjà, les gens ont rejoint leur poste et continuent de servir de manière très patriotique, sans percevoir un franc. Donc, s’ils obtiennent leur arrêté d’engagement dans les jours et les semaines à venir, ils ne feront que continuer. Il n’y a aucun problème à partir à l’intérieur du pays. À ce niveau, je lance un appel à tous nos collègues : restez sereins, restez à l’écoute et ne cédez pas à l’affrontement entre nous et le gouvernement. Les choses vont se concrétiser très bientôt.
Guistat.com : Merci, Diaka Sow.
Yamoussa Cheick Camara, pour Guistat.com
Tél. : 621 81 88 35.

