L’inquiétude monte chez les usagers depuis plusieurs jours. Les stations-service de Conakry sont prises d’assaut et les files d’attente s’allongent interminablement. Face au silence des autorités, automobilistes et motocyclistes redoutent une pénurie prolongée qui paralyserait leurs activités.
Le décor est désormais le même dans presque toutes les stations-service de la capitale guinéenne : des files de véhicules et de motocycles à perte de vue, des moteurs coupés et des usagers rongés par l’impatience.
Depuis environ trois jours, trouver du carburant à Conakry relève du parcours du combattant, ravivant le spectre d’une nouvelle crise énergétique dans le pays. Sur le terrain, la détresse des citoyens est palpable. Rencontré dans une file d’attente à Cosa, Oumar Mouctar Sow, détenteur d’un engin roulant, ne cache pas son désarroi.
« Franchement, c’est alarmant. Cela fait trois jours qu’on n’a pas d’essence. Comment peut-on aller vaquer à nos occupations dans ces conditions ? C’est vraiment difficile », déplore-t-il.
Face à cette situation chaotique, il soupçonne déjà une pénurie généralisée et lance un appel pressant.
« Nous demandons aux autorités de faire en sorte que les citoyens puissent avoir de l’essence en temps opportun. Nous souffrons énormément en ce moment », a-t-il lancé.
Même son de cloche du côté des acteurs du secteur éducatif. Ousmane Diallo, enseignant, pointe du doigt l’urgence de la situation alors qu’il attend désespérément son tour devant une pompe assaillie par les usagers.
« C’est évidemment une pénurie de carburant. Il suffit de regarder comment la station est bourrée. Si l’État n’intervient pas rapidement pour stabiliser la situation, ce sera la galère totale », a-t-il alerté.
Pour ces usagers, la plus grande crainte reste l’escalade d’une crise aux conséquences socio-économiques imprévisibles. En l’absence de toute communication officielle des autorités compétentes pour expliquer ces dysfonctionnements de l’approvisionnement, les rumeurs et la peur d’un blocage total continuent de s’installer dans la capitale.
Yamoussa Cheick Camara, pour Guistat.com
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