Face à la volonté incessante de l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, Donald Trump a déclenché une guerre sans merci contre ce pays. Un conflit qui n’est pas sans conséquences. Au bout de sept mois de guerre contre la République islamique d’Iran, les États-Unis semblent faire face à une « pénurie de munitions », révèle le Pentagone dans un rapport publié le lundi 14 septembre 2026. Selon le ministère américain de la Défense, depuis le début de cette guerre contre l’Iran, 22,3 milliards de dollars ont été dépensés uniquement en munitions tirées, pour un coût global de 33,4 milliards de dollars. Donald Trump, locataire de la Maison Blanche, assurait quant à lui que les États-Unis disposaient de munitions pratiquement illimitées.
L’assurance donnée par le président américain doit-elle être prise à la légère ? « Donald Trump est le commandant en chef des armées américaines », rappelle Mathieu Mabin, correspondant de France 24 à Washington. Et de poursuivre : « Il est donc de facto le principal donneur d’ordre, évidemment, en ce qui concerne l’emploi qui est fait de l’outil de défense américain. Or, à quoi sert l’outil de défense américain ? Eh bien, exactement aux mêmes fins que l’outil de défense français. Priorité numéro 1 : garantir l’intégrité du territoire national, évidemment. Priorité numéro 2 : préserver les intérêts américains à l’étranger. Et priorité numéro 3, un peu moins évidente, beaucoup moins assumée, en tout cas dans le discours politique : soutenir la politique économique américaine à travers le monde », souligne-t-il.
Plus loin, notre confrère indique qu’en matière de défense, Washington accorde du prix à la dissuasion. « L’armée américaine sert à dissuader quiconque d’attaquer l’Amérique, à dissuader quiconque de s’en prendre aux intérêts américains, partout à travers le monde — et ils sont nombreux —, et à dissuader quiconque d’opposer une résistance trop forte aux ambitions économiques américaines, là où l’Amérique considère être sur son terrain. Pour ce dernier point, et pour être parfaitement clair, le dernier exemple et le plus marquant, c’est évidemment le Venezuela. Et l’intervention américaine qui a mis un terme à toute velléité chinoise et russe de lorgner sur le pétrole vénézuélien. »
Comment comprendre, dès lors, cette dissuasion prônée par Washington pour défendre ses intérêts, alors que le Pentagone évoque une pénurie de munitions ? Selon Mathieu Mabin, « la première victime de la guerre étant la vérité, la dissuasion passe aussi par l’idée que votre adversaire se fait de votre puissance. Mentir sur ses faiblesses est donc la plus vieille chose du monde pour un chef de guerre. Maintenant, il faut bien comprendre de quoi on parle. L’armée américaine n’est pas à court de toutes ses munitions. Mais la guerre en Iran a, c’est vrai, entamé ses réserves d’armes sophistiquées, en tout cas. Et les industriels peinent à suivre, semble-t-il. Il manque des moteurs de missiles, certains explosifs, certains composants, mais aussi de la main-d’œuvre qualifiée, ce qui est plus préoccupant. Augmenter les budgets ne permet donc pas de remplir immédiatement les arsenaux. Il faut un délai, et c’est bien ce délai qui pose problème », indique-t-il.
Mohamed Souaré pour Guistat.com.

