À Matoto, l’ultimatum de 72 heures adressé à certains occupants du grand marché a déclenché la colère des commerçantes. Accusé de procéder à un déguerpissement illicite, le maire Moussa Diallo sort de son silence, assume l’opération et assure qu’il ne cherche pas à les chasser, mais à réorganiser le marché.
Selon lui, une réorganisation est nécessaire pour assainir le marché, qui cache des réalités plus graves.
« Nous avons techniquement vu qu’il y a des coins qu’il fallait complètement démolir. Et ces coins-là ont été marqués. Nous avons marqué, on a donné 72 heures à ceux qui occupent ces coins pour qu’ils prennent leurs dispositions. […] Non, on ne veut pas les chasser. Nous voulons faire une organisation dans le marché pour que tout le monde trouve sa place », a-t-il expliqué.
Poursuivant son explication, l’édile dénonce une occupation anarchique à l’intérieur du marché :
« Vous avez des bars à l’intérieur du marché, vous avez même des maisons de passe, et vous avez même des logements qui pouvaient servir de boutique ou autre chose. Mais on préfère garder ces trucs-là comme ça pour des intérêts personnels illicites et laisser les pauvres femmes sous la pluie, dans la rue, se battre à longueur de journée avec les vendeurs de pièces qu’on appelle la “casse” », a-t-il déploré.
Pour Moussa Diallo, cette anarchie crée une injustice criante vis-à-vis de certaines commerçantes :
« Vous pouvez voir une seule personne qui a 4 tables, c’est incroyable, pendant que les autres sont dans la rue », a-t-il martelé.
Pour apaiser la tension, le maire annonce le report du délai et mise sur la sensibilisation :
« Nous avons fait une sensibilisation, en fait, et repoussé les 72 heures. C’est vrai, il y a 72 heures, mais on ne peut pas tomber sur quelqu’un comme ça. Sinon, les 72 heures se sont écoulées lundi dernier. On attend un tout petit peu que les gens soient réceptifs à la sensibilisation avant de procéder à l’action », a-t-il assuré.
Dans le souci de permettre aux commerçantes de vendre dans un environnement idéal, M. Diallo projette la reconstruction totale des marchés relevant de sa juridiction :
« La rénovation ou la construction des marchés de Matoto, c’est le premier de mes soucis. Mon service technique, les autorités communales, nous sommes à pied d’œuvre pour réellement trouver les fonds et les moyens pour reconstruire ce marché », a-t-il conclu.
Pour rappel, l’un des manifestants interpellés mercredi après-midi est toujours entre les mains des services du commissariat central de Matoto.
Mamadou Saliou Camara pour Guistat.com

