Le directeur préfectoral par intérim de l’éducation de Lelouma alerte sur une pénurie d’enseignants qui paralyse plusieurs écoles. Deux établissements primaires sont fermés à Sagalé et Linsan, et plus de 560 enfants inscrits ne fréquentent pas l’école.
Le constat est alarmant dans la préfecture de Lelouma. Alors que les autorités en charge de l’éducation s’activent pour doter certaines localités en enseignants, les chiffres communiqués par la direction préfectorale de l’éducation donnent la mesure du déficit. Selon nos informations, la préfecture compte 237 écoles élémentaires pour seulement 395 enseignants titulaires.
Joint au téléphone dans la matinée de ce mardi 20 octobre 2026, Mamadou Oury Diallo, directeur préfectoral par intérim de l’éducation de Lelouma, a exposé la situation de sa juridiction. « À Lelouma, nous avons 237 écoles élémentaires. Dans ces écoles, nous avons 855 groupes pédagogiques et 395 enseignants titulaires. Si dans chaque classe il faut un enseignant à l’élémentaire, nous aurons besoin de 460 enseignants à l’élémentaire. Au secondaire, nous avons besoin de 96 professeurs », a-t-il déclaré.
À ce déficit s’ajoute une conséquence plus grave encore : la fermeture de plusieurs écoles. « Nous avons actuellement deux écoles primaires qui sont fermées et qui ne fonctionnent pas. Ces écoles se trouvent à Sagalé et Linsan. Nous avions des élèves recrutés en première année qui n’ont pas pu poursuivre leurs études par faute d’enseignants. Cette situation concerne les 11 communes rurales de la préfecture. Nous avons plus de 560 enfants inscrits qui ne sont pas partis à l’école », a ajouté le directeur préfectoral par intérim.
Face à cette crise, Mamadou Mamadou Oury Diallo lance un appel aux autorités. Il estime que le recrutement de 6 000 enseignants annoncé au niveau du système éducatif ne suffira pas à résorber les besoins de Lelouma. « Nous avons vu au niveau du système éducatif le recrutement de 6 000 enseignants, mais nous n’espérons pas avoir suffisamment d’enseignants dans ces conditions. Nous sommes sûrs que nous n’aurons pas suffisamment d’enseignants et nous voulons que l’État accepte de prendre en charge les contractuels d’État. Le salaire d’un titulaire peut payer quatre contractuels d’État. C’est dans ces conditions que nous pourrons avoir l’espoir que toutes les écoles de Lelouma fonctionnent », a-t-il lancé.
À Lelouma, la rentrée scolaire se heurte donc à une équation simple : trop d’écoles, trop de groupes pédagogiques et trop peu d’enseignants titulaires. Une situation qui prive déjà des centaines d’enfants de leur droit à l’éducation et qui appelle, selon les responsables locaux, des décisions urgentes.
Labé, Bachir Diallo pour Guistat.com

