Le Syli National joue ce jeudi une carte décisive. Battue d’entrée en Afrique du Sud (2-1) le 26 septembre dernier, la Guinée affronte le Kenya au stade 28 Septembre de Conakry, pour le compte de la deuxième journée du groupe D des éliminatoires de la CAN 2027. Un match capital : le Syli doit s’imposer pour ne pas hypothéquer ses chances de qualification.
Face aux Bafana Bafana, les hommes de Paulo Duarte ont affiché un visage en demi-teinte. L’Afrique du Sud a ouvert le score à la 30ᵉ minute par Ime Okon. Seydouba Cissé a bien égalisé à la 69ᵉ minute, mais Samukele Kabini a redonné l’avantage aux Sud-Africains huit minutes plus tard, scellant la défaite guinéenne.
En conférence de presse, le sélectionneur portugais n’a pas caché sa frustration : « Je peux même dire que nous leur avons offert ce deuxième but. Puisque, avant d’encaisser, on pouvait marquer un deuxième but ». Un constat lucide qui traduit les carences défensives d’une équipe encore en rodage.
Cette défaite prolonge une série noire préoccupante. La Guinée reste sur cinq matches sans victoire : deux nuls et trois défaites. La dernière victoire du Syli National remonte au 9 octobre 2025, face au Mozambique (1-2), lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Près d’un an plus tard, l’attente devient insoutenable pour tout un peuple.
Le bilan de Paulo Duarte, nommé en août 2025, interpelle : en dix matches à la tête de la sélection, le technicien portugais affiche trois victoires, quatre nuls et trois défaites, soit un taux de réussite de seulement 30 %. Des chiffres qui pèsent lourdement sur les épaules du coach.
Les Harambee Stars ne sont guère mieux lotis. Lors de la première journée, le Kenya a été tenu en échec par l’Érythrée (1-1) à Nairobi. Avec un point chacun, les deux équipes partagent la même ambition : décrocher leur première victoire.
Le sélectionneur kényan, Benni McCarthy, reste lui aussi sur une série de quatre matches sans victoire. Une statistique qui montre que les deux formations traversent une période de doute. Reste à savoir laquelle saura rebondir.
Le classement du groupe D est sans appel : l’Afrique du Sud mène avec trois points, suivie de l’Érythrée et du Kenya (un point), la Guinée fermant la marche avec zéro point. Dans ce groupe où seul le premier est assuré d’une qualification automatique le Kenya étant déjà qualifié en tant que pays hôte chaque point compte double.
Une défaite face au Kenya placerait la Guinée dans une situation quasi-désespérée. À l’inverse, une victoire relancerait complètement le Syli dans la course.
Ce match marque le grand retour du football international à Conakry. Après plusieurs mois de travaux menés par l’entreprise Guicopres, le stade du 28-Septembre a obtenu une homologation temporaire de catégorie 3 auprès de la CAF. Pelouse remise en état, vestiaires rénovés, éclairage aux standards : le temple du football guinéen est enfin aux normes pour accueillir des rencontres internationales.
« C’est un soulagement pour les joueurs, mais aussi pour des milliers de supporters qui pourront à nouveau faire vibrer l’enceinte de la capitale guinéenne », souligne un observateur local. Le soutien du public pourrait bien être le facteur X dont le Syli a besoin.
Paulo Duarte devra toutefois composer sans plusieurs cadres. Naby Keïta, Mohamed Mady Camara, Cheick Oumar Condé, Dembo Sylla, Morgan Guilavogui, Issiaga Sylla et Mohamed Bayo sont tous absents. Des forfaits qui pèsent lourd dans un effectif déjà en quête de repères.
Le retour d’Ilaix Moriba, associé à Seydouba Cissé et Ousmane Diabaté au milieu, apporte toutefois un peu d’expérience à un groupe rajeuni. En attaque, Serhou Guirassy, l’attaquant du Borussia Dortmund, sera l’homme à suivre. C’est lui qui devra porter le poids des espoirs guinéens.
La question est sur toutes les lèvres à Conakry : la Guinée va-t-elle enfin renouer avec la victoire, près d’un an après son dernier succès ? Les statistiques ne plaident pas en sa faveur. Mais le retour du public, l’urgence de la situation et la qualité individuelle de certains joueurs pourraient provoquer le déclic tant attendu.
Une chose est certaine : face au Kenya, le Syli National n’a plus droit à l’erreur. Le coup d’envoi sera donné à 16h00 GMT. Et tout un pays retiendra son souffle.
Mohamed Souaré pour Guistat.com

