Dans un réquisitoire virulent contre le manque de contrôle parlementaire et la gestion des chantiers routiers, le président du Forum Civil Citoyen, Boubacar Sylla, hausse le ton. Déplorant une représentation nationale réduite à un rôle d’enregistrement passif, l’acteur de la société civile appelle les populations à prendre le relais à travers le contrôle citoyen de l’action publique, afin d’exiger des comptes sur les milliards investis au cours des cinq dernières années.
S’adressant directement au président de l’Assemblée nationale, Boubacar Sylla l’interpelle sur l’efficacité des missions de terrain des élus.
« Ma seule question, Monsieur le Président de l’institution qui est censée nous représenter, est la suivante : combien de milliards de francs guinéens, ou de dollars, ont été investis dans nos routes, et pour quels résultats en matière de qualité des infrastructures durant ces cinq dernières années ? », s’interroge-t-il.
Selon le président du Forum Civil Citoyen, les tournées parlementaires et les « bains de foule » dans les circonscriptions auraient dû déboucher sur des bilans précis et un suivi rigoureux des projets routiers, plutôt que sur de simples représentations politiques. Soulignant un constat qu’il qualifie de révoltant pour tout citoyen épris de son pays, Boubacar Sylla dénonce la disproportion entre l’ampleur des ressources financières mobilisées et la qualité souvent éphémère des routes livrées. Il exprime notamment des inquiétudes ciblées sur certains grands axes stratégiques, à l’image du projet Labé-Tougué. Tout en saluant le lancement ou la planification des travaux, il met en garde contre le risque de répéter les erreurs du passé en l’absence de suivi strict.
« Si les mêmes causes continuent de produire les mêmes effets, ce projet risque de connaître le même sort », avertit-il.
S’agissant de l’axe Mamou-Labé, il réclame des réponses immédiates et concrètes sur l’état de dégradation et le calendrier de réhabilitation de ce tronçon névralgique.
Face à ce qu’il perçoit comme une démission des instances traditionnelles de contrôle, Boubacar Sylla invite la société civile et l’ensemble des Guinéens à s’approprier le Contrôle citoyen de l’action publique (CCAP).
« Notre responsabilité ne se limite pas à applaudir les autorités ou à accueillir les responsables politiques lors de leurs tournées. Elle consiste également à demander des comptes sur l’utilisation de l’argent public et sur les résultats obtenus. Les citoyens ont le droit de savoir où va leur argent et d’exiger des routes à la hauteur des sommes investies », insiste le leader sociopolitique.
Alors que les besoins en infrastructures de transport restent majeurs pour le développement économique de la Guinée, cette prise de parole replace au cœur du débat public les questions de gouvernance, de durabilité des ouvrages et d’obligation de rendre compte.
Yamoussa Cheick Camara pour Guistat.com
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