Depuis plusieurs jours, les ministres se succèdent à l’Assemblée nationale pour défendre les budgets de leurs départements respectifs dans le cadre de la loi de finances rectificative (LFR) 2026. Le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a également été interrogé par la Commission des mines et de l’industrie du Parlement. Dans la loi de finances initiale (LFI) 2026, le budget de son département était arrêté à 747 251 276 150 GNF, avec un taux d’exécution de 50 %. Dans la LFR, ce montant est revu à la baisse de 61 262 342 510 GNF, soit 685 988 933 640 GNF. Bouna Sylla et les cadres de son département ont répondu aux questions des députés sur plusieurs volets.
Le ministre a profité de cette occasion pour évoquer les réformes engagées dans le secteur minier guinéen. « Nous n’avons pas d’autre choix que d’aller vers l’industrialisation : transformer la bauxite en alumine, puis l’alumine en aluminium. Cela nous ramène à la question fondamentale de la transformation sur place, pour permettre à notre pays de tirer le maximum de profits […]. Nous avons aussi besoin de la raffinerie d’or. Nous achetons l’or en francs guinéens et le revendons en devises. À la différence d’autres produits, la bauxite n’est pas cotée en Bourse. Nous avons créé l’indice de la bauxite guinéenne et nous sommes en train de finaliser le processus contractuel », a-t-il déclaré, avant de répondre à une question du président de la commission, l’honorable Mohamed Nabé.
Interrogé sur la mutualisation, il a précisé : « La réflexion est en cours et nous avons une piste pour la concrétiser. Mais, s’agissant des infrastructures, les sociétés n’ont souvent pas de mines voisines. Cela peut donc créer des coûts logistiques énormes pour certaines, dont les mines ne sont pas voisines. »
Poursuivant, le ministre Bouna Sylla a apporté des précisions sur le cadastre minier guinéen. « Nous avons entièrement digitalisé le cadastre, sur instruction du président. Plus de 54 concessions minières et permis d’exploitation ont été retirés. Nous voulons aujourd’hui avoir un contrôle total sur nos ressources, ce qui commence par leur connaissance. Notre modèle a reposé, depuis l’indépendance, sur l’octroi de permis de recherche […]. Lors de l’assainissement du cadastre, il y avait des permis d’une durée de 20 ans. Certains de ces permis concernent des zones où se trouvent des minéraux critiques. »
Mohamed Lamine Souaré pour Guistat.com

