Des enfants se retrouvent souvent dans la rue, livrés au petit commerce ou abandonnés en dehors de l’école. Une situation qui met en lumière l’irresponsabilité de certains parents ayant failli à leur devoir d’éducation. Des pratiques qui mettent mal à l’aise le président de l’ONG « Avocats Sans Frontières Guinée », spécialisée dans la défense des droits des enfants.
Dans sa prise de position, Me Aimé Christophe Labilé Koné dénonce la traite et l’abandon des enfants. Certains sont laissés à eux-mêmes, d’autres sont livrés au petit commerce. « Ce n’est pas normal. La place de l’enfant n’est pas dans la rue, ni dans le petit commerce. L’enfant, c’est l’homme de demain. Les enfants doivent pouvoir apprendre : aller à l’école ou apprendre un métier. C’est en cela que j’avais salué, en son temps, l’action du procureur spécial auprès du tribunal pour enfants lorsqu’il venait d’être affecté. Il avait pris des mesures pour que les enfants soient aux endroits où ils doivent être. Mais cette action a été un feu de paille, parce qu’elle n’a pas été suivie. Vous avez vu qu’à un moment donné, il était sorti avec des policiers et des gendarmes pour le ratissage des enfants qui se trouvaient dans la rue. Ces enfants avaient été interpellés, non pas pour leur faire du mal, mais pour que leurs parents prennent la mesure de leurs obligations. Si cela avait continué, cela aurait aidé à ce que tous les enfants puissent faire quelque chose de leur vie. Il y a aussi des enfants qui n’ont peut-être ni père ni mère, ou pas d’endroit où vivre. C’est pourquoi nous interpellons les autorités afin qu’elles ouvrent des centres d’éducation pour les enfants », explique l’activiste des droits de l’homme.
La traite des enfants est perçue par beaucoup d’observateurs comme une atteinte à la dignité humaine. Et pour comprendre à qui incombe cette responsabilité, Me Aimé Christophe Labilé Koné pointe du doigt plusieurs niveaux : « La responsabilité est à plusieurs niveaux. Premièrement, les parents, parce que la famille doit éduquer ses enfants. Deuxièmement, l’État, parce que si les parents ont failli, l’État doit prendre le relais », dénonce l’avocat et défenseur des droits de l’homme.
Un peu partout dans les rues, à Conakry et à l’intérieur du pays, des enfants abandonnés sont visibles. Les familles et l’État, chacun en ce qui le concerne, sont appelés à jouer leur partition afin d’enrayer ce phénomène contre les enfants.
Ansou Baïlo Baldé pour GuiStat.com
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