On en sait un peu plus sur l’affaire de la manifestation au marché de Matoto. Interpellé mercredi soir, puis placé en garde à vue au commissariat central de Matoto où il est toujours retenu, Mohamed Soumah, présenté comme l’un des meneurs de la mobilisation de lundi contre le marquage des boutiques, s’est confié à notre rédaction.
Depuis les locaux du commissariat, l’intéressé dénonce une arrestation arbitraire et met en cause l’administratrice du marché.
« J’ai demandé au commissaire central ; on m’a dit que c’est l’État qui a porté plainte contre moi. J’ai demandé : quel État ? L’administratrice, c’est l’État ; la mairie, c’est l’État ; le gouvernement, c’est l’État. Qui a porté plainte contre moi ? On me répond que c’est l’État », relate-t-il.
Pour lui, le seul tort qu’on lui reproche est d’avoir invité la presse à couvrir le mouvement.
« Le motif, c’est d’avoir invité la presse à venir couvrir cette manifestation, c’est seulement cela. Parce que ma photo circule sur internet, on dit que j’incite les gens à troubler l’ordre public. Nous n’avons causé aucun dégât, nous n’avons pas dérangé les femmes pour que le marché s’arrête, nous n’avons rien fait. Nous étions avec les médias, avec les femmes, et tout le monde était satisfait », se défend-il.
Mohamed Soumah accuse directement l’administratrice du marché de Matoto d’être à l’origine de son arrestation, dans le but d’intimider les autres manifestants.
« C’est la complicité de l’administratrice. C’est elle qui est venue voir le service du commissariat central chargé des conflits pour qu’il poursuive le dossier. Parce que c’est moi qui ai des relations. Quand on m’arrête, quand on me met dedans, les autres vont avoir peur. C’est à cause de cela qu’on m’a envoyé ici », soutient-il.
Poursuivant, il indique que son éventuel placement sous mandat de dépôt n’est pas, pour l’heure, à l’ordre du jour.
« Rien n’a été discuté à ce sujet. On m’a mis en garde à vue et on a pris mes empreintes ce matin. Ils voulaient me retirer mes portables, mais j’ai insisté en disant que c’est mon droit. Ils ont laissé les appareils avec moi. Nous sommes là, et on est en train de revoir la situation », a-t-il confié.
Si Mohamed Soumah dénonce une manœuvre de l’administratrice du marché pour l’intimider, cette dernière l’accuse, hors micro, d’avoir incité à troubler l’ordre public et d’avoir soudoyé des journalistes.
Au commissariat central de Matoto, le dossier est toujours en cours d’examen.
Mamadou Saliou Camara pour Guistat.com

