À l’occasion de la 81ᵉ session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de l’État guinéen Mamadi Doumbouya a appelé l’Afrique à bâtir son développement sur des modèles adaptés à ses réalités culturelles, plutôt que d’importer sans discernement des recettes étrangères. Il cite en exemple l’Asie et certains pays du Proche-Orient.

La 81ᵉ session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies se poursuit à New York, où chaque dirigeant vient défendre sa vision du monde. Mais loin de s’inscrire dans la seule revendication d’un siège permanent pour l’Afrique au Conseil de sécurité, portée par plusieurs dirigeants du continent, Mamadi Doumbouya a choisi de placer son intervention sous le signe du développement, de la souveraineté et de l’adaptation des modèles de gouvernance.
Pour le chef de l’État guinéen, le développement s’accélère lorsque les nations cessent de copier des modèles extérieurs sans tenir compte de leur propre réalité. « Lorsque les modèles de gouvernance sont adaptés au réel et culturel de chaque nation, plutôt qu’importer sans discernement, le développement s’accélère. Regardons l’Asie. Regardons certains pays du Proche-Orient. Ils n’ont pas attendu qu’un modèle extérieur leur soit validé pour bâtir leur prospérité. Ils se sont ensuite inspirés de l’expérience universelle, tout en l’adaptant à leur propre génie national. En une génération, ils ont accompli ce que d’autres ont mis un siècle à réaliser », a-t-il argumenté.
Selon Mamadi Doumbouya, c’est précisément ce chemin que l’Afrique doit emprunter. Non pas en se repliant sur elle-même, mais en assumant ses propres choix et en négociant avec le reste du monde sur un pied d’égalité. « L’Afrique peut, elle aussi, emprunter cette voie. Ce n’est pas un rejet du monde ni de la coopération internationale. Bien au contraire, c’est un appel à un partenariat gagnant-gagnant, respectueux de la souveraineté de chaque nation, fondé sur la co-construction, plutôt que sur le chemin préétabli qui ignore nos réalités », a-t-il déclaré.
Le dirigeant guinéen en a profité pour réaffirmer l’engagement de son pays envers la communauté internationale. « La République de Guinée, pour sa part, reste et restera un partenaire fiable, ouvert et engagé envers l’ensemble de la communauté internationale dans le respect mutuel de la souveraineté », a-t-il assuré.
Poursuivant son propos, Mamadi Doumbouya a présenté l’expérience guinéenne comme une illustration de cette approche. « La République de Guinée avance. Elle avance avec ses propres moyens. Sur la base de ses propres choix, au service de son propre peuple. Elle le fait dans le respect du droit international, dans l’esprit de la Charte des Nations unies et dans un esprit de coopération franche et sans exclusivité avec l’ensemble de ses partenaires », a-t-il affirmé.
Le chef de l’État guinéen a conclu son intervention par un vœu : que cette trajectoire nationale puisse nourrir une réflexion plus large sur les voies de développement du continent. « Je forme le vœu que cette expérience guinéenne puisse modestement inspirer une réflexion plus large sur les voies multiples et légitimes de développement pour notre continent », a-t-il lancé.
À travers ce plaidoyer, Mamadi Doumbouya entend ainsi déplacer le débat africain : moins de dépendance aux modèles importés, plus d’adaptation aux réalités locales, et une coopération internationale fondée sur le respect mutuel. Un message qui, à la tribune de l’ONU, résonne comme un appel à l’émancipation stratégique du continent.
Mohamed Souaré pour Guistat.com

