Vingt-quatre heures après les accusations de Donald Trump, le président iranien Massoud Pezeshkian a renoncé à son discours préparé pour dénoncer, images à l’appui, les frappes américaines et israéliennes. Il accuse Washington de « terrorisme » et jure que l’Iran ne « courbera pas l’échine ».
À la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump durcit le ton. Le président américain justifie son offensive militaire contre l’Iran et qualifie ses dirigeants de « terroristes ». Il affirme que Washington doit choisir entre « anéantir » la République islamique ou conclure un « accord » avec elle. Une déclaration qui ne tarde pas à provoquer une réponse virulente.
Le lendemain, Massoud Pezeshkian monte à son tour à la tribune. Visiblement indigné, le président iranien annonce renoncer au discours qu’il avait préparé. « Il nous a qualifiés de terroristes. Mais nous, nous avons été les victimes du terrorisme », lance-t-il. Puis il ajoute : « Je viens d’un Iran dans lequel notre cher dirigeant suprême a été assassiné sans aucun fondement juridique. Je viens d’un Iran où, véritablement, ils ont bombardé une école. Vous voyez ces enfants. Ces enfants ont péri sous les bombes. »
Images à l’appui, il évoque des scènes de destruction dans une petite ville d’une province iranienne, mais aussi une salle de sport où, selon lui, des enfants jouaient lorsque des armes américaines ont visé le bâtiment. « Les États-Unis et Israël ont utilisé ces armes alors qu’ils étaient innocents, ils n’avaient commis aucun crime », accuse-t-il. Il dénonce également l’assassinat de scientifiques, d’hommes, de femmes et d’enfants iraniens, qualifiés de « martyrs ». « Ceux qui sont des terroristes, qui forment et qui protègent les terroristes, nous décrivent comme des terroristes », réplique-t-il.
Le président iranien assure que son pays n’a fait que se défendre. « Notre peuple innocent a été la cible de lâches attaques et agressions imposées à notre pays. Et nous, nous nous sommes défendus avec toute notre force », déclare-t-il. « L’Amérique et Israël nous ont attaqués avec les technologies et les systèmes d’armes les plus perfectionnés. Et notre peuple a résisté. Oui, nous avons frappé, mais nous n’avons pas mis le genou à terre ; nous avons riposté, mais nous n’avons pas frappé des populations civiles. »
Il accuse Washington et Tel-Aviv d’avoir visé les infrastructures civiles iraniennes : universités, cliniques, écoles, hôpitaux. « Tout cela en violation du droit international », tonne-t-il.
Alors que Donald Trump présente le régime iranien comme affaibli, Massoud Pezeshkian veut envoyer un message de fermeté. Entre accusations de terrorisme et revendications de légitime défense, la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies illustre une nouvelle fois la profondeur du gouffre entre Washington et Téhéran.
Ibrahima Camara, pour Guistat.com.

