L’ancien président de la délégation spéciale de Ratoma et son coprévenu Mohamed Camara sont jugés devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Le montant incriminé s’élève à 32 milliards de francs guinéens (GNF).
Dans cette procédure, plusieurs charges sont retenues contre les prévenus, notamment le détournement de deniers publics, la corruption d’agents publics, le faux et usage de faux en écritures publiques, l’enrichissement illicite, le blanchiment de capitaux et la complicité. L’agent judiciaire de l’État représente l’État guinéen dans ce dossier.
Appelé le premier à la barre, Ahmed Sékou Traoré a été interrogé sur sa gestion de la mairie de Ratoma en tant que président de la délégation spéciale, entre avril 2024 et mars 2026. Plusieurs questions lui ont été posées pour justifier cette gestion et répondre aux faits qui lui sont reprochés dans le dossier judiciaire.
Dans sa déposition, le prévenu a déclaré avoir été surpris d’être convoqué par la police pour les faits présumés.
Interrogé sur son salaire mensuel en tant que président de la délégation spéciale de Ratoma, Ahmed Sékou Traoré répond : « Dans l’intervalle de 5 à 10 millions de francs guinéens par mois. Un montant qui varie selon les mois », a-t-il révélé.
Sur ses biens acquis avant ses fonctions de président de la délégation spéciale, il dit avoir acheté un terrain à Yattaya en 2007 pour 73 millions de francs guinéens.
Répondant à une question du président de la chambre de jugement, le prévenu affirme : « Je n’ai aucun compte bancaire ; mon salaire est perçu par billetage », a-t-il expliqué.
Parlant de la gestion communale au titre de l’exercice 2024, Ahmed Sékou Traoré a révélé : « La commune n’a reçu aucune subvention, mais plutôt un appui de la part du gouvernement de façon mensuelle. » Poursuivant, il a indiqué : « Nous avons eu une prévision des dépenses de 9 milliards et nous avons dépensé 7 196 275 115 GNF, dont 3 755 000 000 GNF de dépenses de fonctionnement. »
Il soutient que la masse salariale est de 100 millions de francs guinéens par mois, soit plus d’un milliard de francs guinéens par an.
Les autres dépenses citées sont notamment :
· Achat de matériel et mobilier : 7 280 000 GNF ;
· Entretien et réparation : 75 143 000 GNF ;
· Consommables : plus d’un milliard de GNF ;
· Consommations diverses (eau, électricité et communication) : 10 894 000 GNF ;
· Gestion générale de la commune : 221 000 000 GNF.
Selon lui, les recettes mobilisées en 2024 ont dépassé 7 milliards de francs guinéens, dont plus de 5 milliards de recettes fiscales.
Pour l’exercice 2025, Ahmed Sékou Traoré a indiqué à la cour avoir obtenu un financement de 14 627 000 000 GNF de l’ANAFIC pour financer plusieurs projets :
1. Construction d’une école primaire à Hamdallaye ;
2. Construction d’un centre de santé à Kaporo Centre ;
3. Pavage de la maison des jeunes de Taouyah ;
4. Désenclavement de Ratoma Centre par la construction d’une route ;
5. Construction de toilettes dans les écoles de Taouyah, de Kaporo Centre et au collège de Kipé ;
6. Mise en place d’un hangar au marché de Kaporo ;
7. Construction d’une bibliothèque à l’école primaire de Nassouroulaye.
Au titre de l’année 2025, les recettes fiscales ont atteint 500 millions de francs guinéens, un montant en baisse par rapport à 2024, où elles s’élevaient à plus de 5 milliards. Le prévenu justifie cette situation par le découpage des communes : selon lui, Ratoma, qui comptait 34 quartiers, s’est finalement retrouvée avec 11 quartiers.
Puis, Ahmed Sékou Traoré a révélé que le solde du compte de la commune s’élève à plus de 800 millions de francs guinéens.
Cette procédure est jugée selon la procédure de flagrant délit contre les prévenus Ahmed Sékou Traoré et Mohamed Camara. L’audience a été renvoyée au 16 novembre 2026 pour la continuation des débats.
Ansou Bailo Baldé pour GuiStat.com
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