Les avocats de deux huissiers de justice poursuivis pour des faits de « corruption, abus de confiance, entrave au bon fonctionnement de la justice, association de malfaiteurs, faux et usage de faux en bande organisée et complicité » ont, après le ministère public, demandé eux aussi la relaxe pure et simple des prévenus devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
La parole a été laissée à Me Pépé Antoine Lama pour plaider au nom de la défense. Dans ses propos, l’avocat a insisté sur le manque de preuves étayant les accusations. Selon lui, la prétendue partie civile, Kabinet Diané, n’a pas été en mesure de rapporter la preuve des allégations qu’il a portées à la connaissance du procureur spécial près la CRIEF, malgré les questions pertinentes de la chambre de jugement et du ministère public.
Me Lama a également rappelé que le plaignant avait déjà saisi la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée, qui a fini par blanchir l’huissier concerné, ainsi que le Conseil de discipline des avocats de Guinée, qui a mis les avocats hors de cause, jugeant ses accusations non établies. Il a fustigé un comportement qu’il considère comme un acharnement contre des professionnels du droit, estimant que le plaignant « se plaît à traîner des professionnels du droit devant des juridictions répressives et disciplinaires ».
L’avocat a aussi invité le ministère public à examiner avec minutie la moralité et la santé de certains plaignants, afin d’éviter, selon lui, que la CRIEF ne soit engorgée par des procédures inutiles et montées de toute pièce. Il a demandé à la chambre d’ordonner éventuellement la publication de la décision à intervenir, pour que celle-ci constitue un début de réparation pour ses clients, qu’il estime traînés à tort dans la boue.
Me Pépé Antoine Lama a enfin annoncé que la défense ne s’arrêterait pas là. Il promet de se retourner contre le plaignant pour dénonciation calomnieuse si les prévenus obtiennent une décision de relaxe.
Kabinet Diané, agissant au nom de la société GPMS SARL, n’a pas souhaité s’exprimer devant la presse. L’audience a été renvoyée au 4 novembre 2026 pour le délibéré.
Ansou Bailo Baldé pour GuiStat.com
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