Dans son interrogatoire, au démarrage des débats au fond de cette affaire judiciaire, l’ancien président de la délégation spéciale de la commune de Ratoma a été confronté à des difficultés dans l’utilisation des pièces à conviction. Le prévenu a eu du mal à donner les chiffres exacts de sa gestion entre 2024 et 2026.
L’affaire porte sur un montant de 32 milliards de francs guinéens. Ahmed Sékou Traoré est poursuivi avec son ancien receveur, Mohamed Camara. Au sortir de l’audience, après le renvoi, l’avocat représentant l’État guinéen, à travers l’agent judiciaire de l’État, Me Bernard Sadissi Millimouno, a réagi en ces termes :
« Effectivement, il s’agit de la procédure pénale qui oppose l’agent judiciaire de l’État, qui représente l’État guinéen, à Monsieur Ahmed Sékou Traoré, ancien président de la délégation spéciale de Ratoma. Il est poursuivi avec son ancien receveur, Monsieur Mohamed Camara. Le procès s’est ouvert aujourd’hui. Il est évident que depuis le mois de juin 2026, ce dossier est devant la chambre de jugement de la CRIEF, mais aujourd’hui, les débats au fond ont effectivement commencé. Monsieur Ahmed Sékou Traoré a commencé à répondre aux questions de la Cour et à celles de Monsieur le procureur spécial de la CRIEF, ce matin. Alors, qu’est-ce qu’on peut retenir de cette première audience ? C’est que Monsieur Ahmed Sékou Traoré est en très grande difficulté ; cela, je pense, est un constat partagé. Sa propre défense l’a réitéré à plusieurs reprises : Monsieur Ahmed Sékou Traoré ne se retrouve pas dans ses propres pièces. Il a produit des pièces à la Cour pour assurer sa défense, mais toutes les réponses qu’il donne sont contredites par le contenu de ses pièces. Finalement, face à ces graves difficultés, le président de la chambre de jugement lui-même l’a relevé. Il lui a posé la question à plusieurs reprises : “Ça va ?”, et le prévenu a répondu par oui. Mais en réalité, les débats ont été confrontés à cette énorme difficulté du prévenu, qui n’arrive pas à se retrouver dans ses propres pièces. C’est pour cette raison que le dossier a été renvoyé au 16 novembre pour permettre à la défense de Monsieur Ahmed Sékou Traoré de mieux se préparer », explique-t-il.
Sur les difficultés rencontrées dans l’utilisation de ses pièces pour se défendre, l’avocat de l’État reste toutefois prudent. Me Bernard Sadissi Millimouno dit se réserver pour la prochaine audience, où les débats doivent se poursuivre :
« Alors, moi, je ne veux absolument rien anticiper ; nous allons attendre la continuation des débats. En principe, il ne devrait pas être en difficulté aujourd’hui. Le dossier est pris en flagrant délit. Le jugement devrait être rapide ; on aurait même fini le jugement avant d’aller en vacances judiciaires. On est allé et on est revenu, et aujourd’hui, il n’arrive pas à se retrouver dans ses propres pièces. Je ne sais pas si c’est un montage qui n’a pas marché, s’il est sincère dans ce qu’il dit, s’il essaye de dissimulation. C’est ce qui fait qu’il est automatiquement contredit par ses propres pièces ? Je ne veux absolument rien anticiper. Je pense que tout le monde sera éclairé à l’audience prochaine. S’il continue à souffrir des mêmes difficultés, nous demanderons à ce que les débats puissent continuer dans le dossier », promet l’avocat de la partie civile, représentant l’agent judiciaire de l’État.
Il faut noter que toutes nos tentatives d’obtenir la version des avocats de la défense dans cette affaire sont restées sans suite favorable. L’audience a été renvoyée au 16 novembre 2026 pour la suite de l’interrogatoire du prévenu Ahmed Sékou Traoré, ancien président de la délégation spéciale de Ratoma.
Ansou Bailo Baldé pour GuiStat.com
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