Ils servent l’État depuis parfois plus de vingt ans, pour 550 000 GNF par mois, mais restent contractuels temporaires. Le collectif des contractuels temporaires de l’Administration publique guinéenne interpelle le chef de l’État, Mamadi Doumbouya, afin que leur situation soit régularisée et qu’ils accèdent officiellement au statut de fonctionnaire.
Certains parmi eux travaillent pour l’État depuis cinq, dix ou quinze ans ; d’autres depuis plus de vingt ans. Une situation d’autant plus difficile que ces agents assurent le fonctionnement quotidien de l’Administration avec un salaire modeste. Ils dénoncent la vie précaire qu’ils mènent et demandent l’implication personnelle du chef de l’État pour régulariser leur situation.
Leur revendication est claire : le changement de statut, de contractuel temporaire à fonctionnaire. Thierno Baïlo Diallo, porte-parole du collectif, explique : « Nous sommes ces contractuels temporaires de l’Administration publique guinéenne qui, avec loyauté, abnégation et détermination, faisons tourner l’Administration au quotidien ; nous qui avons abandonné le chemin de la Méditerranée pour servir notre cher pays, la Guinée. Certains d’entre nous servent l’État depuis 5 ans, 10 ans, 15 ans et plus, pour l’intérêt supérieur de la nation.
Nous sommes tous enrôlés et recensés dans le Fichier unique de gestion administrative et de la solde (FUGAS), preuve que l’État nous reconnaît comme ses agents et serviteurs motivés. Et pourtant, nous sommes aussi les filles et les fils de ce pays qui attendent toujours la régularisation de leur situation administrative pour bénéficier du partage du bonheur de cette nation. »
Les contractuels temporaires reviennent également sur leur rémunération. « Un salaire de 550 000 GNF par mois, versé dans les différentes banques du pays, sans prime, ni indemnité, ni couverture sanitaire, ni avantages sociaux. Le chef de l’État n’a-t-il pas promis de placer l’axe social comme premier axe de sa gouvernance ? Nous ne demandons pas la charité. Nous demandons le respect des engagements pris par les autorités pour l’avenir de la jeunesse », poursuivent-ils.
Ils affirment avoir adressé des courriers à plusieurs autorités, sans suite favorable. « Nous avons adressé des demandes d’audience au ministre secrétaire général du Gouvernement, au ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, au ministre d’État, conseiller principal du chef de l’État, au Premier ministre, chef du Gouvernement, et au président de l’Assemblée nationale, sans suite. C’est pourquoi nous interpellons directement le chef de l’État, qui a placé les jeunes et les femmes au cœur de son pouvoir depuis son accession à la magistrature suprême. »
Ces travailleurs de l’Administration publique ne demandent qu’une chose : « le changement de notre statut » pour devenir officiellement fonctionnaires. « Pour le changement de notre statut de contractuel temporaire au statut de fonctionnaire de l’État à travers un arrêté ministériel. Depuis plus de 10 ans, nous sommes au service de l’Administration publique et nous remplissons tous les critères qui ont conduit à notre enrôlement au FUGAS. Nous avons l’expérience et nous maîtrisons l’Administration publique. »
Le collectif des contractuels temporaires de Guinée interpelle personnellement le président de la République afin que leur statut passe de celui de contractuel temporaire à celui de fonctionnaire.
Ansou Baïlo Baldé pour GuiStat.com
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