Le président guinéen reprend la parole pour justifier sa décision. Alors que Dr Ibrahima Kassory Fofana et Amadou Damaro Camara, respectivement ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale, viennent d’être évacués, Mamadi Doumbouya précise que cette décision relève uniquement du cadre humanitaire.
D’emblée, le chef de l’État guinéen souligne que « la justice guinéenne a été saisie. Elle a instruit, elle a jugé, elle a condamné. Elle l’a fait souverainement, au nom du peuple guinéen, et de lui seul. Les décisions rendues conservent l’intégralité de leur autorité : aucune d’entre elles n’est effacée, aucune n’est révisée, aucune n’est négociée. Le principe qui fonde la refondation de notre pays demeure intact : nul n’est au-dessus de la loi, quelles qu’aient été ses fonctions », martèle-t-il avant d’ajouter :
« Mais un État fort n’est pas un État sans cœur. L’état de santé de ces deux hommes a été porté à ma connaissance et documenté. Face à la souffrance d’un être humain, j’ai estimé que la République ne pouvait détourner le regard. J’ai donc autorisé, à titre exceptionnel et pour des raisons exclusivement sanitaires, leur évacuation vers des structures de soins appropriées. Cette décision n’est ni une amnistie, ni une grâce, ni un arrangement. Elle est un acte d’humanité, assumé devant vous. »
Poursuivant son propos, le chef de l’État a déclaré vouloir une Guinée qui ne juge pas avec haine et qui sanctionne sans acharnement. « La rigueur que nous exigeons dans la gestion des deniers publics ne procède pas du ressentiment : elle procède de l’exigence. Nous ne construirons pas la Guinée de demain sur la rancune, ni sur l’humiliation de qui que ce soit. La réconciliation nationale n’est pas l’oubli, c’est la capacité d’un peuple à regarder ensemble vers l’avenir, une fois la vérité établie et la justice dite », a-t-il affirmé avant de conclure :
« Notre pays entre dans une ère décisive. Il aura besoin de toutes ses filles et de tous ses fils, unis, apaisés, tournés vers le travail et la construction. Car ce que nous poursuivons n’est pas la seule croissance des chiffres, mais la prospérité réelle de nos populations : l’école pour nos enfants, les soins pour nos familles, l’eau et l’électricité dans nos foyers, le travail pour notre jeunesse. Telle est l’unique mesure de notre réussite, et c’est main dans la main que nous bâtirons notre pays. »
Les images de l’évacuation diffusées le samedi 19 septembre 2026 par la télévision montraient l’ancien Premier ministre très affaibli par la maladie.
Mohamed Souaré pour Guistat.com.

