Depuis la présentation du projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2026, plusieurs ministres se relaient au Parlement. Le mercredi 28 octobre 2026, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a été reçue en intercommission par les députés. L’objectif : passer en revue le volet recettes de la LFR 2026. Au sortir de cette séance de travail, la ministre est revenue sur les grandes lignes abordées au cours de la rencontre.
Pour elle, « c’est un exercice très intéressant de redevabilité, de transparence et de dialogue avec les représentants du peuple. Le projet de loi de finances rectificative n’est pas un chiffre qu’on change comme cela : c’est plutôt un exercice de crédibilité, mais aussi de réalisme. Parce qu’à mi-parcours, lors de l’exécution du budget, on se rend compte que les prévisions initiales ont peut-être changé. Les conditions dans le monde peuvent avoir évolué, et beaucoup d’éléments peuvent affecter non seulement le volet des dépenses, mais aussi celui des recettes. D’où cet exercice annuel consistant à travailler sur une loi de finances rectificative pour nous assurer de clôturer l’année en prenant en compte les impératifs qui se sont présentés au cours de cette année », nous a-t-elle confié d’emblée, avant de préciser :
« Pour la LFR de 2026, nous avons commencé par des discussions avec la commission en charge du Plan et des Affaires financières de l’Assemblée nationale sur le volet recettes. Ces échanges ont porté sur la mobilisation des recettes internes notamment, mais aussi sur les ressources de financement, y compris les prêts et autres ressources que nous sécurisons pour renforcer notre budget et financer notre développement. Au niveau de l’État, nous avons rappelé que nos priorités sont de trois ordres », a-t-elle fait savoir.
Le premier impératif, a-t-elle souligné, consiste à protéger le pouvoir d’achat des Guinéens. « Malgré les tensions au Moyen-Orient et leurs impacts, notamment sur la hausse du prix du carburant, l’État a consenti des sacrifices importants au cours de l’année. Si l’on prend en compte les prévisions de la LFR, plus de 5 400 milliards GNF d’appui sont apportés dans le cadre du budget afin de maintenir le prix du carburant à 12 000 GNF. Alors que dans les pays voisins, un ajustement a dû être opéré, parce que cette crise touche tout le monde et affecte un canal important, celui du carburant. Cela impacte non seulement le prix des produits pétroliers à la pompe, mais aussi le panier de la ménagère, puisque tout bien et service est soit importé, soit dépendant d’intrants importés. Les coûts logistiques ont également augmenté », a-t-elle indiqué.
« Aujourd’hui, nous avons échangé avec les députés, qui ont posé des questions pertinentes sur le niveau de mobilisation des recettes fiscales, douanières et non fiscales. Ils ont également interrogé la part des recettes allant aux collectivités, afin de s’assurer que la territorialité est respectée dans leur allocation. Les députés ont aussi mis sur la table d’autres éléments, tels que le contrôle des quantités de minerais exportés et les retombées économiques pour la Guinée. Cela nous permet de recueillir des propositions et des critiques constructives, susceptibles de soutenir et de renforcer l’action publique. Nous allons donc poursuivre ces discussions aujourd’hui toute la journée ; demain, nous serons encore présents avec les différentes commissions. Lorsque le volet des recettes sera clos, nous ouvrirons celui des dépenses », a-t-elle annoncé.
Mohamed Lamine Souaré pour Guistat.com
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