La Commission communication et technologies de l’information de l’Assemblée nationale a reçu, mercredi 27 octobre 2027, une délégation du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation. Au centre des échanges : les urgences budgétaires liées au câble sous-marin et à la modernisation des médias publics.
En plein examen de la loi de finances rectificative, les députés membres de la Commission communication et technologies de l’information de l’Assemblée nationale ont reçu une délégation du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, conduite par son secrétaire général, Souleymane Thianguel Bah. L’objectif de cette session de travail était de dresser un état des lieux des difficultés budgétaires et des urgences stratégiques auxquelles le département fait face.
Dès l’ouverture des travaux, le secrétaire général a plaidé pour une révision des priorités d’investissement, soulignant que le secteur de l’information et de la communication est trop souvent relégué au second plan. Souleymane Thianguel Bah a notamment attiré l’attention des parlementaires sur la situation critique des grands médias d’État.
« La deuxième chose qu’il faut savoir, au-delà de cela, c’est la sensibilité de certains espaces et lieux dans notre pays, comme la RTG. Un des soucis que nous avons souvent au ministère, ou dans le cadre des projets, c’est qu’il y a énormément de projets fléchés sur des projets structurants, alors que des structures comme la RTG, qui ont besoin d’investissements particuliers parce qu’elles sont la vitrine de notre pays, se retrouvent moins prises en compte. Comment faire pour que la RTG soit à la hauteur ? Comment faire pour qu’un journal comme Horoya, censé être un quotidien, puisse exister au-delà de la parution hebdomadaire qu’il a aujourd’hui ? Comment faire pour que la radio rurale, seul média qui porte la parole du gouvernement dans l’espace rural, puisse exister ? Cette première partie est essentielle, car le fléchage des ressources pose un problème au niveau de ces structures », a déclaré M. Bah.
Autre sujet majeur au menu des discussions : la connectivité et la vulnérabilité du réseau national. Souleymane Thianguel Bah a tiré la sonnette d’alarme quant à la situation du câble sous-marin unique qui dessert le pays. Arrivé en fin de cycle de vie et menacé de saturation, son dysfonctionnement isolerait immédiatement la Guinée du réseau internet mondial.
« Si aujourd’hui ce câble est endommagé, c’est tout le pays qui se retrouve coupé d’Internet. Imaginez les conséquences de coupures de quelques secondes ou de quelques minutes sur l’ensemble du territoire national », a prévenu le secrétaire général, réclamant un traitement budgétaire spécifique pour ce département stratégique.
« En tant que représentation nationale, nous vous portons ce message pour qu’il puisse aller là où il doit aller, parce que nous sommes un département spécifique : il faut un traitement spécifique pour nous », a-t-il plaidé.
Face à ces alertes, le président de la Commission communication et technologies de l’information, l’honorable Ousmane Dady Camara, a rappelé que cette concertation s’inscrit dans le cadre des travaux sur la loi de finances rectificative, amorcés la semaine précédente avec le ministère des Finances. Il a assuré que les députés partageaient les inquiétudes exposées par le département en charge de la communication et de l’économie numérique, et qu’ils travailleraient conjointement avec la Commission des finances pour trouver des solutions appropriées.
« La loi nous autorise à aller au fond et à connaître toutes leurs prérogatives, leurs besoins et leurs difficultés, afin que, ensemble, nous puissions trouver la solution et satisfaire la population guinéenne. Les débats ont été très intéressants et très riches. À notre tour de travailler sur tout ce que nous avons pu élaborer aujourd’hui avec le ministère de la Communication, pour que, ensemble avec le ministère de l’Économie et des Finances, nous puissions faciliter les choses et faire en sorte que cela aille dans l’intérêt de la population guinéenne », a conclu le député.
Les arbitrages se poursuivront lors des prochaines séances de travail afin de réorienter les crédits nécessaires, a indiqué l’honorable Ousmane Dady Camara. Le parlementaire a également souligné l’importance de concrétiser ces projets sur le terrain, conformément aux orientations du président de la République.
« On va travailler et faire en sorte que le ministère des Finances puisse répondre à tout cela et que le projet se réalise dans l’intérêt supérieur de la nation, car c’est à la demande du président de la République. Il y tient, et pour toutes ces raisons, il faut vraiment que le concret soit visible sur le terrain », a-t-il indiqué devant la presse.
Les conclusions des travaux de la commission et les propositions d’amendements budgétaires seront présentées lors de la prochaine session plénière de l’Assemblée nationale.
Yamoussa Cheick Camara pour Guistat.com
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