Le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026 a été présenté samedi 24 octobre aux députés guinéens, réunis en plénière. Ce budget rectificatif comprend plusieurs ajustements rendus nécessaires par le contexte international, marqué par la crise au Moyen-Orient, notamment dans le détroit d’Ormuz. À cette occasion, le Premier vice-gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Mohamed Lamine Conté, a donné plusieurs chiffres relatifs à l’inflation, qui s’établit à 5,2 % en moyenne sur douze mois.
Dans sa déclaration, Mohamed Lamine Conté a annoncé que, pour l’ensemble de l’année, « la croissance est attendue autour de 8,6 %, après 7,1 % en 2025. La Guinée, notre pays, se placerait ainsi parmi les économies les plus dynamiques du continent africain. Ce dynamisme est d’abord porté par le secteur minier et, en premier lieu, par le projet Simandou. Depuis la première expédition de la fin 2025, les exportations de minerai de fer montent en puissance vers une capacité cible de 120 millions de tonnes par an », a-t-il indiqué, avant d’ajouter :
« Pour la seule année 2026, les recettes attendues par l’État sont estimées à environ 350 millions de dollars, soit l’équivalent de ce que rapporterait aujourd’hui l’ensemble des autres projets miniers réunis. Un tel flux de ressources est une chance historique pour notre pays. Mais l’expérience de nombreux pays nous enseigne qu’il peut aussi devenir un piège s’il est mal maîtrisé. Il peut alimenter l’inflation, renchérir les coûts intérieurs et fragiliser l’agriculture, l’industrie et les services. En un mot, tout ce qui n’est pas minier. Tout l’enjeu est donc, pour nous, de faire de cette richesse un levier de développement et non une source de déséquilibre. La situation appelle notre vigilance », a-t-il alerté.
Par ailleurs, le vice-gouverneur de la BCRG a livré plusieurs chiffres liés à l’inflation. Selon l’Institut national de la statistique (INS), a rapporté Mohamed Lamine Conté, « l’inflation en glissement annuel est passée de 3,3 % en novembre 2025 à 6,4 % en juillet 2026, son plus haut niveau depuis janvier 2024. Elle a depuis reflué à 5,9 % en septembre. En moyenne sur douze mois, elle s’établit à 5,2 %. L’analyse détaillée de ces chiffres éclaire toutefois la nature du choc. Les produits alimentaires et les boissons non alcoolisées ont augmenté de 12,4 % sur un an […]. À l’inverse, l’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et les produits frais, se situe autour de 1 %. Les prix du logement et de l’énergie reculent de 1,4 % sur un an, alors que ceux des transports sont quasiment stables. Autrement dit, l’inflation que nous observons est essentiellement une inflation alimentaire et importée », a-t-il précisé.
Pour, ce responsable de la BCRG a indiqué que cette inflation ne traduit pas une surchauffe généralisée de la demande intérieure, mais qu’elle frappe malheureusement d’abord les ménages les plus modestes, pour qui l’alimentation représente l’essentiel du budget. « C’est pourquoi cette inflation doit demeurer au cœur de nos préoccupations », a-t-il insisté.
Mohamed Lamine Souaré pour Guistat.com
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