Le marché de Matoto a vécu une semaine sous tension. Tout a commencé en début de semaine, lorsque des vendeurs et vendeuses ont découvert que leurs boutiques et magasins avaient été marqués, avec une injonction de libérer les lieux dans un délai de 72 heures.
Ne connaissant pas les auteurs de ces marquages, les commerçants ont tenté d’obtenir des explications auprès du bureau du marché et de la mairie. Ces démarches sont restées vaines : aucune réponse claire ne leur a été fournie sur l’origine et le motif de l’opération.
Face à cette situation, un mouvement spontané de mécontentement s’est formé au sein du marché. Les commerçantes et commerçants ont exprimé leur colère en manifestant sur place pour dénoncer ce qu’ils qualifient de déguerpissement annoncé sans préavis formel.
La situation a pris une autre tournure ce mercredi après-midi. À la suite de la manifestation, l’un des manifestants a été interpellé par des agents du commissariat central de Matoto et conduit dans les locaux du commissariat.
Informés de l’interpellation, les vendeurs et vendeuses du marché de Matoto se sont mobilisés en grand nombre pour rallier le commissariat central. Arrivés sur place, ils ont été interceptés par des agents, qui leur ont fait savoir que leur camarade n’était pas en détention, mais en audition au sujet de la situation survenue lundi au marché.
Après des échanges, les agents ont réussi à convaincre les commerçants de quitter les lieux et de regagner le marché pour poursuivre leurs activités.
Mais sur le terrain, la tension est montée d’un cran. Les commerçants menacent de durcir le mouvement. Ils préviennent qu’ils manifesteront dès jeudi matin et bloqueront les accès si leur camarade n’est pas libéré dès ce soir.
Au moment de la publication de cet article, l’homme interpellé se trouvait toujours dans les locaux du commissariat central de Matoto, en audition. Il n’était pas en détention et n’avait pas été placé au violon.
Mamadou Saliou Camara pour GuiStat.com

