La préfecture de Koubia, dans la région de Labé, fait face à un manque criard d’enseignants. Selon les informations recueillies, au moins dix écoles, dont deux collèges, sont restées fermées faute d’enseignants. Une situation confirmée au téléphone ce mardi 13 octobre 2026 par le directeur préfectoral de l’Éducation de Koubia, Mamadou Oury Sow.
« C’est effectif, nous avons au moins 10 écoles fermées par manque d’enseignants. Cette situation s’explique par le fait que Koubia n’est pas comme les autres préfectures. Les enseignants ne veulent pas venir à Koubia. Et si vous observez les écoles fermées, elles se situent généralement dans des localités éloignées, où l’accès n’est pas facile. Ces localités ne peuvent pas non plus supporter les charges liées au recrutement d’enseignants contractuels. Il faut aller chercher les enseignants jusqu’à Labé, car ici, les jeunes ne veulent pas exercer le métier d’enseignant. C’est pourquoi ces écoles ont fermé. Sinon, il y a au moins 23 écoles où des enseignants contractuels ont été recrutés pour assurer les cours. Ces écoles sont généralement proches des communes urbaines de Labé et de Koubia, où les communautés sont en mesure de prendre en charge les contractuels », a-t-il expliqué.
Poursuivant son intervention, le DPE de Koubia affirme avoir saisi sa hiérarchie afin de trouver une solution à cette situation.
« Nous avons écrit à notre hiérarchie par rapport à cette situation et nous demandons également aux autorités communales de recruter des enseignants contractuels. C’est pourquoi, en 2024, l’État avait engagé 130 enseignants dans les écoles primaires qui assuraient la contractualisation. Chaque année, nous sillonnons les communes rurales pour nous enquérir de la réalité. Les parents emmènent leurs enfants à l’école. Ce qui leur manque, ce sont les moyens pour prendre en charge les enseignants contractuels. Sinon, ils veulent que leurs enfants soient instruits », a-t-il ajouté.
Les conséquences de cette pénurie sont déjà visibles. Parmi les dix établissements fermés figurent deux collèges, celui de Gadha Woundou et de Gnakaya, dans la commune rurale de Pilimini. Face à cette situation, les élèves du collège de Gnakaya ont été transférés au collège de Pilimini-centre.
Dans l’enseignement élémentaire également, certains élèves ont dû abandonner les cours en raison de la distance. C’est notamment le cas des élèves de Kali, qui ne peuvent pas parcourir les 12 kilomètres qui les séparent de Timberin. En revanche, les élèves de Thiekéré ont rejoint Koubia-centre, où ils ont pu reprendre les cours.
À travers cette alerte, le DPE de Koubia interpelle la hiérarchie éducative et les autorités communales. La fermeture de ces établissements met en lumière les difficultés persistantes d’accès à l’éducation dans les zones rurales de la région de Labé, où l’enclavement et la faiblesse des moyens communautaires compliquent le recrutement d’enseignants.
Labé, Bachir Diallo pour Guistat.com

