L’école primaire franco-arabe El Bassé 2, située au quartier Météo, dans la commune urbaine de Kankan, a été la cible d’une intrusion dont les auteurs restent inconnus. Découverts lundi matin, les faits ont notamment entraîné la destruction par le feu de plusieurs documents administratifs, dont des livrets scolaires et des dossiers d’enseignants. Cette nouvelle attaque intervient après plusieurs vols d’équipements enregistrés dans l’établissement. Face à la persistance de l’insécurité, la direction appelle les autorités et les personnes de bonne volonté à l’aide.
Les responsables de l’école primaire franco-arabe El Bassé 2 sont une nouvelle fois confrontés à des actes d’insécurité. Après avoir fermé les locaux samedi dernier, aux environs de 17 heures, le personnel a découvert, à son retour lundi matin, que la porte de la direction avait été forcée. Selon Mme Kadia Kanté, deuxième responsable de l’établissement, toutes les portes et les fenêtres avaient pourtant été fermées avant le départ du personnel. « Le samedi, nous avons quitté ici vers 17 heures. Nous avons fermé toutes les portes et les fenêtres avant de rentrer à la maison. Ce lundi matin, nous sommes arrivés vers 7 h 30 et nous avons constaté que la porte de la direction avait été forcée », témoigne-t-elle.
Après la montée des couleurs, les responsables ont procédé à une vérification des locaux. Ils ont alors constaté que les deux barres de fer protégeant l’entrée de la direction avaient été cassées. À l’intérieur, plusieurs documents avaient été brûlés. « Ils sont entrés dans la direction et ont brûlé quelques documents, des livrets et des dossiers de certains enseignants. Pour le moment, c’est ce que nous avons constaté. Nous n’avons pas encore pu vérifier s’il y a eu d’autres vols », précise Mme Kadia Kanté.
À ce stade, aucun bilan définitif n’était disponible concernant d’éventuelles disparitions de matériels ou d’autres biens. Cette intrusion vient s’ajouter à une série de vols qui ont déjà affecté le fonctionnement de l’établissement. La deuxième responsable évoque notamment la disparition de panneaux solaires, de batteries et de matériels destinés à la connexion Wi-Fi. « L’année passée, nous avons été victimes de deux vols. Le gouvernement nous avait donné des panneaux solaires, des batteries et du matériel pour le Wi-Fi. Ils sont venus voler les six panneaux », rapporte-t-elle.
Grâce à la contribution des parents d’élèves, les équipements avaient été remplacés. Mais, selon Mme Kadia Kanté, les panneaux solaires ont de nouveau été dérobés pendant les vacances scolaires.
Pour renforcer la surveillance, la direction avait ensuite recruté des gardiens, rémunérés à hauteur de 1,3 million de francs guinéens par mois, selon ses explications. Une initiative qui n’a cependant pas permis de mettre un terme aux vols. « Nous avions cherché des gardiens que nous payions chaque mois à 1,3 million de francs guinéens. Malgré cela, les vols ont continué. Nous étions obligés de les libérer, parce que même avec un gardien, on continuait à voler nos équipements. Nous avons poursuivi ainsi jusqu’aux vacances », déplore-t-elle.
Les responsables ne disposent, pour le moment, d’aucune information permettant d’identifier les auteurs de cette nouvelle intrusion. À la suite de la découverte des faits, les autorités éducatives locales ont été informées. D’après Mme Kadia Kanté, la Direction sous-préfectorale de l’éducation (DSE), la Direction préfectorale de l’éducation (DPE) et le chef de quartier ont été saisis. La DSE et le chef de quartier se sont rendus sur place lundi matin.
Face à la répétition de ces incidents, la direction estime qu’un renforcement durable de la sécurité devient indispensable. Elle sollicite ainsi l’intervention des autorités, le soutien des parents d’élèves et la solidarité des personnes de bonne volonté. La construction d’une clôture autour de l’établissement figure parmi les principales solutions envisagées pour protéger les élèves, le personnel et les équipements. « Ce que j’ai à dire, c’est que nous lançons un appel aux autorités, aux parents d’élèves et aux personnes de bonne volonté pour nous aider. Je crois bien que, s’il y a une clôture à l’école, nous serons en sécurité. Sinon, rester exposés comme ça présente beaucoup de dangers », lance Mme Kadia Kanté.
En attendant une réponse concrète à cet appel, les circonstances de l’intrusion restent à élucider. Entre documents administratifs incendiés et équipements volés à répétition, l’école franco-arabe El Bassé 2 fait face à un défi sécuritaire qui menace la préservation de ses biens et de ses archives.
Mohamed Aly Keita pour GuiStat.Com

