Jusqu’ici dirigée par les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), la région du Tigré passe officiellement sous le contrôle administratif du gouvernement fédéral. Ce dernier a annoncé, vendredi 16 octobre, la mise en place d’une administration intérimaire pour six mois. Les autorités fédérales reprennent ainsi formellement l’administration de cette région. Après plusieurs semaines de combats contre l’armée fédérale, les troupes du TPLF ont été repoussées vers le nord et ont perdu le contrôle des grandes villes de la région.
Après la reconquête militaire du Tigré, le pouvoir fédéral éthiopien prend désormais en main son administration. Cinq responsables ont été désignés à sa tête pour une durée de six mois. Leur mission : rétablir les services publics, consolider la paix, assurer la réhabilitation des anciens soldats et créer les conditions d’une stabilité politique permettant la tenue d’élections. Selon le Premier ministre Abiy Ahmed, le Tigré doit « redevenir une composante normale de la fédération ».
Au niveau local, des assemblées publiques suivies de votes ont été organisées ces derniers jours dans plusieurs villes du sud de la région et dans des quartiers de Mekele. Ces votes permettent d’élire des administrateurs locaux temporaires afin de prévenir les violences et les pillages après l’effondrement des pouvoirs locaux.
Pour Hadush Kinfe, haut responsable du parti tigréen Salsaye Woyané, ce processus mené par les autorités fédérales n’est pas assez inclusif. Selon lui, « la majorité des habitants ne participent pas. Désorientés, ils sont réticents à le faire dans des délais aussi courts ».
Les autorités fédérales promettent toutefois l’organisation d’élections libres et transparentes dans un bref délai de six mois.
Yahya Diallo pour Guistat.com

