Le concours de recrutement à la Fonction publique, au titre de l’enseignement pré-universitaire, a été officiellement lancé ce samedi 17 octobre 2026 dans la région administrative de Kankan. Au total, 6 702 candidats répartis dans 13 centres prennent part aux épreuves. Les autorités entendent faire du mérite, de la compétence et de la transparence les principaux critères d’accès à la Fonction publique, tout en renforçant les effectifs de l’enseignement pré-universitaire dans les collectivités.
La cérémonie de lancement s’est déroulée au lycée Morifindjan Diabaté, en présence de la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Mme Kamaré Djénèba Touré, des autorités administratives et des responsables de la mission de supervision.
Lors du lancement des épreuves, la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation a insisté sur le respect des procédures légales de recrutement. Elle a appelé à rompre avec les anciennes pratiques qui pouvaient permettre à certains d’accéder à l’administration, ou d’y être maintenus, en dehors des voies réglementaires.
« Le message du gouvernement, c’est qu’on accède à la Fonction publique par voie de concours. C’est la loi sur l’administration publique, et nous devons perpétuer de telles pratiques », a-t-elle déclaré.
Mme Kamaré Djénèba Touré a également évoqué la mise en œuvre effective de la retraite, qu’elle considère comme une avancée dans la réforme de l’administration publique. Selon elle, cette mesure contribue à une meilleure gestion des ressources humaines de l’État et favorise le renouvellement des effectifs.
La ministre a rappelé que les candidats admis à ce concours seront appelés à servir dans les collectivités de la région de Kankan. Elle a mis en garde contre toute tentation de considérer ce recrutement local comme un tremplin vers un poste dans l’administration centrale ou dans un autre département.
« Vous êtes recruté localement. Quand vous serez admis au concours, le travail commence dans les collectivités de la région de Kankan. Personne ne doit penser que je vais faire le concours et que je vais être au niveau central », a-t-elle martelé.
Cette orientation vise, selon elle, à renforcer la déconcentration administrative et à rapprocher davantage les services publics des populations. La région de Kankan étant confrontée à un déficit de personnel enseignant, les autorités estiment à environ 800 le nombre d’enseignants supplémentaires nécessaires pour répondre aux besoins.
La ministre a par ailleurs souligné que la digitalisation du processus devrait contribuer à limiter les changements de statut ou d’affectation après le recrutement.
« Tout est digitalisé, tout est informatisé aujourd’hui. Vous vous engagez à être recruté comme enseignant, vous devrez rester enseignant dans la Fonction publique locale », a-t-elle précisé.
Au-delà de l’accès à la Fonction publique, la ministre a insisté sur l’obligation de résultats et le sens des responsabilités qui doivent accompagner l’engagement des futurs enseignants.
« Ce n’est pas le matricule qu’on paie, c’est le travail qu’on paie », a-t-elle lancé aux candidats.
Pour Mme Kamaré Djénèba Touré, l’objectif du gouvernement n’est pas simplement d’augmenter le nombre d’agents immatriculés, mais de recruter des professionnels capables d’assurer un service public de qualité. Elle a invité les candidats à considérer ce concours comme le point de départ d’une véritable carrière professionnelle, fondée sur la compétence, l’engagement et le travail.
Cheffe de mission de supervision dans la région de Kankan, Mariama Camara, chargée de la modernisation et de la digitalisation de l’administration, a assuré que les dispositions nécessaires avaient été prises en amont pour garantir le bon déroulement des épreuves.
Selon elle, les candidats ont été informés des modalités du concours, les surveillants ont bénéficié d’une préparation et les centres ont été aménagés conformément aux dispositions prévues par l’organisation.
La sécurisation des documents d’examen a également fait l’objet d’une attention particulière.
« On s’est assuré que les papiers sécurisés soient manipulés dans des conditions adéquates et que les étiquettes distribuées soient apposées sur les papiers sécurisés tels qu’indiqués », a-t-elle expliqué.
Elle a ajouté que les consignes avaient été harmonisées afin de garantir des conditions équitables à l’ensemble des candidats.
Malgré les dispositions prises, quelques difficultés ont été signalées au démarrage des épreuves. La responsable de la mission a notamment fait état de cas de candidats inscrits aux épreuves franco-arabes qui se seraient retrouvés dans des salles destinées aux candidats de l’enseignement général.
Mariama Camara a toutefois assuré que ces anomalies étaient en cours de prise en charge par les équipes déployées sur le terrain.
« Les anomalies sont prises en charge. Les candidats ont été priés de s’asseoir dans leur salle respective et d’attendre patiemment que les épreuves leur soient distribuées », a-t-elle rassuré.
Les épreuves doivent se poursuivre dans le respect des horaires et des consignes établis par les organisateurs.
À l’endroit des 6 702 candidats de la région, les autorités ont lancé un appel à la discipline, à l’intégrité et au respect strict des règles du concours. La ministre les a exhortés à éviter toute tentative de fraude et à miser exclusivement sur leurs connaissances et leurs compétences.
L’ambition affichée est de recruter des enseignants qualifiés, capables de contribuer à l’amélioration de la qualité de l’enseignement pré-universitaire.
« Nous voulons que notre enseignement soit qualifié. Et pour que l’enseignement soit qualifié, il faut un recrutement de personnels qui soient meilleurs, qui soient bons et qui soient formables », a souligné la ministre.
Au-delà de ce concours, le gouvernement entend poursuivre le renforcement de la Fonction publique locale, afin de permettre aux collectivités d’accueillir davantage de jeunes diplômés et de disposer de ressources humaines permanentes pour accompagner leur développement.
À Kankan, les 6 702 candidats sont ainsi engagés dans une compétition dont l’issue doit contribuer au renouvellement des effectifs enseignants. Pour les autorités, l’enjeu est double : répondre au déficit de personnel dans les collectivités et faire du mérite un principe central du recrutement au sein de l’administration publique guinéenne.
Kankan, Mohamed Aly Keita pour GuiStat.Com

