À la suite de la fixation, par décret présidentiel, des dates des élections régionales pour le 29 novembre et des sénatoriales pour le 20 décembre 2026, Cheick Oumar Traoré, président de l’Union des Patriotes Africains de Guinée, livre son point de vue. Cet ancien candidat aux législatives salue l’effort de parachèvement des institutions constitutionnelles, mais met l’accent sur l’exigence de transparence et d’inclusivité, ainsi que sur le profil des futurs sénateurs.
Pour ce leader politique, la fixation de ces dates constitue une avancée institutionnelle nécessaire. Le véritable enjeu, cependant, réside dans le strict respect des règles électorales.
« La date ne représente que la forme. Fixer une date pour un scrutin est une chose, mais le respect de la loi en est une autre », souligne le président de l’Union des Patriotes Africains de Guinée.
Tout en reconnaissant que cette décision arrive à point nommé pour compléter le paysage constitutionnel de la Guinée, Cheick Oumar Traoré exige des garanties de la part des autorités électorales. Il appelle notamment au strict respect du code électoral, à la transparence des procédures, à un accès équitable à l’information pour tous les candidats et à une réelle inclusivité du processus.
« En tant qu’acteur politique, notre première préoccupation, c’est le respect de la loi. Je veux parler du respect du code électoral. Deuxièmement, nous voulons qu’il y ait de la transparence. C’est extrêmement important. Les candidats seront certainement identifiés. Au-delà de cela, nous souhaiterions que l’accès à l’information soit équitable pour tous les candidats. L’autre chose, c’est l’inclusivité. C’est extrêmement important. Il faudrait que la possibilité soit donnée à tous ceux qui répondent à un certain nombre de critères de pouvoir être candidats, que tout se passe bien et, surtout, dans l’intérêt des Guinéens », recommande-t-il.
Interrogé sur le visage que devra adopter la future chambre haute du Parlement guinéen, Cheick Oumar Traoré plaide pour des représentants proches des réalités de leurs concitoyens. Dans un pays doté d’immenses richesses naturelles, mais où les populations continuent de souffrir, les futurs sénateurs doivent, selon lui, faire le pont entre le quotidien des Guinéens et les décisions gouvernementales.
Il insiste également sur le critère de moralité des élus.
« Les sénateurs sont souvent perçus comme des sages. Il est extrêmement important que ces personnalités soient exemptes de toutes sortes de malversations ou de comportements peu orthodoxes. Nous voulons des patriotes engagés pour la cause de la population à la base », déclare-t-il.
Quant à ses attentes à l’égard de cette nouvelle institution, le président de l’Union des Patriotes Africains de Guinée formule un souhait clair.
« Nos attentes, c’est que ce soit un Sénat qui place au centre les préoccupations de notre population. C’est extrêmement important pour nous. Nous voulons que ce Sénat ne soit pas un Sénat acquis à 100 % au pouvoir en place, mais qu’il soit aussi un Sénat qui tienne réellement compte de ce qui peut peser sur ou influencer le quotidien du Guinéen », conclut l’acteur politique, qui persiste et signe.
Pour terminer, Cheick Oumar Traoré rappelle que le Sénat dispose, sur le plan constitutionnel, des prérogatives nécessaires pour influencer positivement la vie nationale. Pour que ces prérogatives portent leurs fruits, l’institution devra s’appuyer sur des personnalités intègres et dévouées, capables de placer les priorités quotidiennes des Guinéens au centre de l’agenda politique.
Yamoussa Cheick Camara pour Guistat.com
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