Face à la propagation rapide du virus Ebola sur le continent, l’Africa CDC organise une réunion virtuelle urgente avec les ministres africains de la Santé. Plus de 10 000 cas confirmés et près de 5 000 décès ont déjà été enregistrés, tandis que des tensions diplomatiques émergent autour de l’origine de certains foyers.
L’Afrique fait face à une nouvelle flambée d’Ebola préoccupante. Ce mercredi 28 octobre, l’Africa CDC (Centres africains de contrôle et de prévention des maladies) a convoqué une réunion virtuelle « urgente » des ministres africains de la Santé. Objectif affiché : « mobilisation collective » pour « évaluer la situation, renforcer la coordination transfrontalière, accélérer le soutien aux pays touchés et consolider la préparation à l’échelle du continent », selon l’organisation, rapporte RFI.
La réunion intervient alors que plusieurs pays africains ont confirmé des cas d’Ebola ces dernières semaines. Le Nigeria a enregistré récemment un cas confirmé, tandis que des patients ont été dépistés en République démocratique du Congo (RDC), en Ouganda et au Kenya. Cinq mois après le début de cette nouvelle épidémie, la barre des 10 000 cas confirmés a été franchie. Mardi 27 octobre, les autorités sanitaires ont annoncé ce seuil symbolique, précisant que la grande majorité des malades se trouve en RDC. Le bilan humain s’élève à près de 5 000 décès au total. En RDC, le taux de mortalité avoisine 50 %, selon l’Institut congolais de la santé publique.
Au Kenya, la situation reste tendue : neuf cas positifs ont été détectés et deux patients sont décédés. Plusieurs cas contacts sont encore sous observation.
La propagation du virus commence à créer des remous diplomatiques. Le cas de la patiente dépistée positive au Nigeria illustre les zones d’ombre qui subsistent. Cette épouse de diplomate revenait d’un séjour de deux semaines en Ouganda. Or, officiellement, ce pays est déclaré débarrassé du virus Ebola depuis la fin août. La patiente, désormais prise en charge en Suisse, a pu être contaminée « n’importe où », selon le directeur de l’Africa CDC. Ce dernier estime que la propagation du virus a démontré que les contrôles aux frontières ne sont « pas au niveau ».
Cette situation soulève des questions sur la traçabilité des cas et la fiabilité des déclarations sanitaires, alors que plusieurs pays peinent à contenir la maladie. La réunion de ce mercredi devrait également aborder ces enjeux de transparence et de coopération régionale.
Malgré la mobilisation annoncée, des interrogations demeurent sur la capacité des autorités sanitaires africaines à endiguer la propagation du virus Ebola. La coordination transfrontalière, la rapidité des dépistages et l’accès aux soins restent des défis majeurs, particulièrement dans les zones où les systèmes de santé sont fragiles. L’Africa CDC entend renforcer l’appui aux pays touchés, mais l’ampleur de l’épidémie est plus de 10 000 cas en cinq mois, témoigne de l’urgence d’une réponse collective et efficace.
Alors que le continent tente de tirer les leçons des précédentes crises, cette nouvelle flambée rappelle que la menace d’Ebola reste bien réelle et que la solidarité entre États est plus que jamais nécessaire.
Yahya Diallo pour Guistat.com

