Les responsables des unités de production d’eau minérale de Labé ont majoritairement salué le délai supplémentaire de six mois accordé par le président de la République, Mamady Doumbouya. Pour plusieurs d’entre eux, cette décision vise avant tout à soulager le calvaire des populations, confrontées récemment à de sérieuses difficultés pour s’approvisionner en eau à boire.
« C’est hier aux environs de 22 heures que j’ai appris cette nouvelle à la RTG. Les gens souffraient il y a quelques jours pour obtenir de l’eau à boire. Donc, si le président nous donne un moratoire de six mois, je ne peux que m’en réjouir », a confié Thierno Sadou Diallo, à la tête d’une unité de production d’eau locale.
Selon lui, ce délai permettra à sa structure de finaliser sa transition vers les bouteilles en plastique. « Dans mon unité, nous étions sur le programme de ces bouteilles en plastique. Nous avions entamé la procédure et, d’ici la fin de ce délai, je serai prêt pour produire de l’eau dans ces bouteilles en plastique », a-t-il promis.
Même satisfaction chez Laouratou Diallo, secrétaire et comptable dans une unité de production d’eau locale. Pour elle, ce moratoire est une opportunité de mieux se préparer aux exigences des autorités.
« Je suis d’abord très contente du président Mamady Doumbouya, qui nous a accordé un délai supplémentaire de six mois. Cette période nous permettra surtout de nous préparer pour améliorer la qualité de la fourniture de l’eau aux populations de Labé, tout en nous conformant aux exigences des autorités », a-t-elle expliqué.
Elle invite également les pouvoirs publics à mettre ce temps à profit pour anticiper les conséquences de certaines décisions. « Les autorités aussi doivent profiter de ce temps pour prendre de nouvelles dispositions. Elles savent désormais quelles sont les conséquences de la fermeture de ces unités de production d’eau dans le pays », a-t-elle ajouté.
Du côté des consommateurs, Oumar Sadio Diallo, président local de l’Union pour la défense des consommateurs, se réjouit que les préoccupations des Guinéens soient prises en compte. Il appelle toutefois les autorités à expérimenter, durant ces six mois, un système de recyclage.
« Pour dire vrai, il était très difficile pour certains d’acheter de l’eau dans des bouteilles en plastique. Donc, je suis content que les autorités puissent prendre en compte les préoccupations des consommateurs guinéens. Je lance un appel aux autorités de prendre des décisions durant ces six mois qui puissent prendre en compte le système de recyclage », a-t-il plaidé.
À Labé, le moratoire de six mois est donc perçu comme un répit, mais aussi comme une période charnière. Entre préparation des unités, conformité aux normes et attentes des consommateurs, tous espèrent que cette échéance permettra de garantir un approvisionnement durable en eau de qualité.
Labé, Bachir Diallo pour Guistat.com

