Alors que l’année scolaire 2026-2027 doit officiellement débuter le 5 octobre prochain, les centrales syndicales de l’éducation nationale haussent le ton. Réunis samedi, la FSPE, le SNE et le SLECG ont conditionné la tenue d’une rentrée paisible au respect strict d’un protocole d’accord, menaçant de paralyser le système éducatif si leurs revendications restent lettre morte.
La rentrée des classes en Guinée s’annonce sous haute tension. À quelques jours de l’ouverture officielle prévue le 5 octobre, l’intersyndicale de l’éducation a affiché sa fermeté face au gouvernement. Lors d’un rassemblement ayant mobilisé massivement leurs troupes samedi, les responsables de la Fédération Syndicale des Enseignants (FSPE), du Syndicat National de l’Éducation (SNE) et du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) ont annoncé leur intention d’empêcher la reprise des cours si leurs conditions ne sont pas satisfaites.
Au cœur des préoccupations, le non-respect des engagements pris par le gouvernement lors des précédentes négociations. Kadiatou Bah, Secrétaire générale du SLECG, a tenu à rappeler l’échec des discussions récentes avec le ministère.
« Nous avons tenu deux fois des réunions avec la ministre, avec tout son cabinet. Tout le monde parle d’une rentrée scolaire paisible. Vous pouvez parler d’une rentrée scolaire paisible pendant que nos jeunes sont en classe à l’intérieur du pays », a-t-elle déclaré, dénonçant une situation critique sur le terrain.

La responsable syndicale a été sans équivoque quant aux conséquences de l’inaction gouvernementale : « Aujourd’hui, ils restent à la maison, les écoles seront fermées. Et nous demandons à toutes les enseignantes et enseignants de Guinée d’accompagner le secteur syndical de l’éducation jusqu’à ce que ce protocole soit respecté et en bon usage, sinon nous userons de tous nos moyens. »
Outre les revendications générales, le dossier des enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry cristallise les tensions. L’intersyndicale exige une clarification et une régularisation rapide de leur situation professionnelle.
Kadiatou Bah a lancé un appel direct à ces agents : « Pour les camarades contractuels de la zone spéciale de Conakry, il est bien précisé… les parties invitent les intéressés à se préparer pour les prochains concours en pratique de classe. »
Elle a ajouté une garantie de priorité pour ces travailleurs : « Je le réitère pour que leur situation d’engagement au niveau du pré-universitaire soit une réalité. Et ils seront, pour l’engagement, les prioritaires par rapport à tous ceux qui viennent pour faire ce concours. »
Vers une année blanche ? Si le gouvernement ne réagit pas rapidement, le spectre d’une année scolaire perturbée, voire blanche, plane sur le pays. Les syndicats promettent une mobilisation totale pour faire plier l’exécutif. Une situation qui inquiète les parents d’élèves et menace l’avenir de millions d’enfants guinéens, alors que le compte à rebours avant le 5 octobre est déjà lancé.
Mohamed Souaré pour Guistat.com

