En visite à Kankan, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a annoncé, vendredi 9 octobre 2026, la création prochaine de trois nouvelles juridictions d’appel, dont une à N’Zérékoré, une à Labé et une au niveau du Tribunal de commerce. Cette réforme vise à rapprocher la justice des citoyens et à réduire les coûts liés aux procédures judiciaires, notamment pour les justiciables contraints de parcourir de longues distances pour faire valoir leurs droits.
Après sa rencontre avec les acteurs de la chaîne pénale au tribunal de première instance de Kankan, le garde des Sceaux s’est entretenu avec les responsables de la Cour d’appel de Kankan. Les échanges ont notamment porté sur les difficultés d’accès aux juridictions d’appel, en particulier pour les populations de la Guinée forestière.
À cette occasion, le ministre a annoncé un projet de réorganisation de la carte judiciaire, avec la création de trois nouvelles juridictions. « C’est toujours le souci de M. le Président de la République de rapprocher la justice des justiciables. C’est pourquoi nous avons envisagé la mise en place très prochainement de trois cours d’appel, notamment à N’Zérékoré, à Labé et aussi au niveau du tribunal de commerce », a-t-il déclaré.
Pour justifier cette initiative, Ibrahima Sory II Tounkara a mis en avant les difficultés financières et logistiques auxquelles sont confrontés certains citoyens lorsqu’ils souhaitent contester une décision de justice. Le ressort de la Cour d’appel de Kankan couvrant actuellement la Haute-Guinée et la Guinée forestière, les justiciables de certaines localités doivent parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour accéder à cette juridiction.
Le ministre a notamment cité le cas de Yomou, dont les habitants peuvent être confrontés à d’importantes contraintes pour faire appel d’une décision judiciaire.
« Il y a des justiciables qui abandonnent la procédure, faute de moyens. Imaginez la Cour d’appel de Kankan qui couvre les ressorts de la Haute-Guinée et de la Guinée forestière. Un justiciable de Yomou, par exemple, qui relève appel devant la Cour d’appel de Kankan. Vous voyez la distance et vous voyez les moyens », a-t-il expliqué.
Au-delà du transport, le séjour prolongé à Kankan représente une charge supplémentaire pour les personnes qui ne disposent ni de proches sur place ni d’un logement pour la durée de la procédure.
« Quand ça vient, l’intéressé vient, reste combien de temps à Kankan ? Il n’a ni parents, il n’a même pas de résidence. Comment va-t-il faire ? Donc, c’est pourquoi la mise en place d’une cour d’appel à N’Zérékoré et à Labé serait très bienvenue », a ajouté le garde des Sceaux.
La création de nouvelles juridictions d’appel devrait contribuer à réduire les distances à parcourir, les dépenses de déplacement et les difficultés d’hébergement qui pèsent sur les justiciables. Elle pourrait également faciliter l’exercice du droit de recours pour les citoyens vivant dans les zones les plus éloignées des juridictions existantes.
Toutefois, cette annonce devra être suivie de précisions sur le calendrier de mise en œuvre, les ressorts territoriaux des futures juridictions, leurs moyens humains et matériels ainsi que les modalités de leur fonctionnement.
À ce stade, le ministre a annoncé le projet sans préciser ces éléments. Sa concrétisation constituera donc une étape déterminante pour mesurer l’impact de cette réforme sur l’accès à la justice en Guinée.
Mohamed Aly Keita pour GuiStat.Com

