C’est un cri de détresse qui résonne comme un dernier souffle. Dans la commune urbaine de Tombolia, Mariame Soumah, 45 ans, ne se bat plus seulement contre la maladie, mais contre l’oubli et l’indifférence. Voilà près d’un an que cette mère de trois enfants livre une guerre épuisante contre un cancer du sein qui la ronge jour après jour.
L’histoire de Mariame commence par une trahison du corps. Nous sommes fin 2025. Une petite boule, décrite comme « anodine », apparaît sur son mamelon. Une alerte que la famille prend au sérieux, entamant immédiatement un parcours médical semé d’embûches.
De consultation en consultation, l’espoir s’amenuise. « Nous avons commencé à faire des examens dans des hôpitaux et cliniques (Donka, Clinique Paul Pogba, Camp Samory…), mais ça ne faisait que se développer », se souvient-elle, la voix chargée de fatigue. Malgré la multiplication des examens, le mal progresse. Le sein s’enflamme, la pathologie s’aggrave.
Face à l’impuissance de la médecine moderne dans son cas, ou peut-être par désespoir, la famille se tourne vers la médecine traditionnelle. Une tentative de plus qui se soldera par un échec cuisant, laissant la maladie gagner du terrain.
Mais si le corps souffre, le portefeuille n’est pas en reste. La lutte contre le cancer est un gouffre financier. Pour tenter de sauver Mariame, la famille a puisé dans ses dernières économies. Le verdict tombe, implacable : « L’autre fois, nous avons fait le calcul des dépenses qui vont jusqu’à dix millions quatre cent mille francs guinéens (10 400 000 GNF). »
Aujourd’hui, le compte est vide. Les réserves sont épuisées et les dernières ordonnances, pourtant vitales, restent lettre morte, faute de moyens pour les payer.
Dans l’intimité de son foyer, la réalité est devenue un cauchemar éveillé. La douleur, autrefois supportable, est aujourd’hui omniprésente et tyrannique. Le corps de Mariame s’est habitué aux traitements, rendant les antidouleurs inefficaces.
« Je souffre énormément, quand la douleur commence, c’est jusqu’à ce qu’elle se calme d’elle-même », confie-t-elle, décrivant un supplice quotidien. « Puisque les calmants dont j’ai l’habitude de prendre ne me soulagent plus, ils sont déjà habitués à mon corps. Je ne dors presque pas. »
L’insomnie et la souffrance physique ne sont pas ses seules compagnes. À cela s’ajoute l’angoisse d’une mère qui voit l’avenir de sa famille s’assombrir. Mariame vit en location avec un mari sans ressources et trois enfants à charge. La maladie a brisé l’équilibre précaire de ce foyer.
Ne pouvant plus compter sur ses propres forces, Mariame Soumah se tourne vers la communauté et les personnes de bonne volonté. Son message est celui d’une femme au bord du gouffre, qui ne demande pas la pitié, mais une aide concrète pour survivre.
« Je demande à tout le monde de m’aider parce que si vous voyez quelqu’un vivre avec une maladie, c’est qu’il n’y a pas de moyens », implore-t-elle en larmes.
« Je sollicite auprès de toutes les personnes de bonne volonté de me venir en aide car je souffre. J’ai trois enfants, mon mari n’a pas les moyens et nous sommes en location. »
Alors que la nuit s’annonce encore longue et douloureuse à Tombolia, l’appel de Mariame est un rappel brutal des défis humanitaires auxquels font face de nombreuses familles guinéennes. Pour cette mère de famille, l’aide n’est plus une question de confort, mais une question de vie ou de mort.
Mamadou Saliou Camara pour GuiStat.com

