Les employés d’Areeba-Guinée ont lancé un appel solennel au président Mamadi Doumbouya afin de sauver l’opérateur de téléphonie mobile de la faillite. Réunis ce mercredi 30 septembre 2026 au sein de leur délégation syndicale, ils ont adressé une lettre ouverte au chef de l’État pour alerter sur la dégradation critique de leurs conditions de travail et solliciter son intervention directe.
Malgré l’espoir suscité par le rachat complet de ses droits par l’État, la transition d’Areeba-Guinée s’éternise et plonge l’opérateur dans une crise opérationnelle et financière majeure.
Par la voix de Jérôme Cécé Haba, la délégation syndicale dénonce les conséquences concrètes de cette crise sur le quotidien des équipes et sur la qualité du réseau. Elle pointe également la vétusté des infrastructures ainsi que le manque d’investissements pour la maintenance et l’extension du réseau.
La section syndicale dénonce en outre la fuite des talents techniques, commerciaux et managériaux. À cela s’ajoutent les difficultés à satisfaire la clientèle, des techniciens travaillant avec des moyens dérisoires et des risques d’impayés sur les salaires.
Malgré ces difficultés, le syndicat souligne que le personnel reste mobilisé pour assurer la continuité du service et préserver les actifs nationaux.
Convaincue du potentiel stratégique de l’entreprise pour le numérique guinéen, la délégation syndicale demande au président de la République de donner des instructions fermes pour la mise en œuvre d’un plan d’action articulé autour de sept points :
1. Achever rapidement le diagnostic global (technique, financier, organisationnel et social).
2. Associer les syndicats au processus de décision et leur communiquer les conclusions des audits.
3. Mettre en place des mesures conservatoires urgentes pour sécuriser le réseau et garantir les salaires.
4. Adopter un plan de relance rigoureux, doté d’un calendrier précis et de budgets d’investissement.
5. Ouvrir le capital à un partenaire stratégique qualifié, doté d’une réelle expertise dans les télécoms et de capacités financières solidement établies, et non à un simple investisseur financier.
6. Garantir la protection des emplois et des acquis sociaux dans toute future restructuration.
7. Créer un cadre permanent de concertation entre l’État actionnaire, la direction générale, les ministères et les travailleurs.
Alors que des audits sont actuellement menés par le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, avec la pleine collaboration des employés, ces derniers appellent à une décision politique forte avant qu’il ne soit trop tard. Selon eux, sauver Areeba-Guinée est une nécessité pour protéger les emplois, préserver le patrimoine public et garantir la souveraineté numérique du pays.
Moussa Camara pour Guistat.com

