Le déficit d’infrastructures sanitaires de proximité persiste dans plusieurs localités du pays, selon plusieurs observateurs du secteur de la santé en Guinée. Cette situation affecte négativement les citoyens, souvent en besoin de soins. Elle interpelle l’acteur de la société civile et président des biologistes de Guinée.
Pour Moussa Cissé, la nécessité de disposer de structures sanitaires répondant aux besoins des citoyens ne fait aucun doute. « Vous avez de fortes agglomérations à l’intérieur du pays où aucune infrastructure sanitaire ne prend en charge les citoyens. Le nouveau découpage administratif devrait tenir compte de cet état de fait, mais il y a un retard. Ce que nous prévoyons et que nous suggérons surtout, c’est de continuer à rapprocher les soins des citoyens. Il faut, dans ce sens, inverser la tendance. Notre politique n’est pas que les citoyens viennent demander les services à l’hôpital ; en principe, c’est plutôt le contraire. Il faudrait faire ce rapprochement. Quand on inverse cette tendance, on obtient toujours de bons résultats. C’est pourquoi des hôpitaux régionaux sont en cours de construction. C’est la réponse que constitue la construction de l’hôpital régional d’Entag, où il n’y avait pas d’hôpital de proximité. Je crois que d’ici fin 2027, plusieurs hôpitaux régionaux seront mis à disposition. Au-delà de ce qui est en train d’être fait à Ignace Deen, il faut promouvoir ce rapprochement. Quand on y réussira, on aidera réellement les citoyens. Mais pas l’inverse. Voir des citoyens se déplacer de 2 à 10 kilomètres pour aller chercher des soins, ce n’est pas efficace », explique l’acteur de la société civile.
De l’autre côté, le professionnel de santé mise sur la contribution des citoyens pour accompagner les efforts de l’État et répondre aux défis en la matière. « C’est la cotisation des citoyens qui fait fonctionner l’État. Sans cotisation, l’État ne pourra pas bien fonctionner. Il faut donc mobiliser les ressources : payer les impôts, les assurances et autres contributions. Cela aide l’État à combler les vides pour pouvoir avancer. Nous sommes engagés dans cette dynamique et nous continuons à sensibiliser les citoyens afin qu’ils continuent d’aider l’État à répondre à la demande sociale », appelle le spécialiste de santé.
Le biologiste rappelle les faits constatés sur le terrain, à Conakry comme à l’intérieur du pays. « Déplorer ou pas, c’est un fait qui est là. Nous proposons des solutions concrètes pour avancer. C’est regrettable, mais le constat est là. Souvent, les populations sont en avance sur l’État. Et c’est le contraire qui devrait être : l’État, c’est l’anticipation. Il y a des zones inhabitées ; l’État devrait d’abord venir voir ce qui doit être fait avant l’installation des citoyens. Mais les citoyens viennent habiter avant que l’État ne vienne. Ce qui veut dire que les citoyens sont en avance sur l’État. C’est ce qui nous met dans cette configuration. Ce n’est pas le défaut de cette gouvernance actuelle : elle a hérité d’une situation très critique, dont elle tente de réduire les aspects critiques », souligne-t-il.
Face à ces faits, Moussa Cissé estime qu’il faut continuer à accompagner le processus de développement, afin de favoriser la réponse à la demande des citoyens en soins de santé.
Ansou Baïlo Baldé pour GuiStat.com
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