C’est une décision qui paraît comme un dénouement heureux pour une victime collatérale de la lutte contre la délinquance économique en Guinée. Ce jeudi 15 octobre 2026, la chambre des appels de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), sous la présidence du juge Daye Mara, a rendu une décision qui redonne le sourire à Aboubacar Aïssata Diallo. Ce particulier, propriétaire d’un immeuble de 12 étages à Kaloum, avait vu son bien saisi et confisqué dans le cadre de la procédure visant l’ancien ministre de la Défense nationale, le Dr Mohamed Diané.
L’affaire remonte à plus de six mois. Alors qu’il vaquait à ses occupations, Aboubacar Aïssata Diallo est stupéfait d’apprendre qu’un huissier procède à l’exécution d’une décision de justice le concernant directement. La raison ? Son immeuble aurait été identifié comme appartenant à l’ancien ministre Dr Mohamed Diané, condamné dans une affaire de détournement de deniers publics. Une méprise aux conséquences lourdes pour ce citoyen qui n’a, selon son conseil, aucun lien avec l’ancien locataire du département de la Défense.
Pour faire valoir ses droits, Aboubacar Aïssata Diallo a mandaté son avocat, Me Naby Yansané. Ce dernier a plaidé l’erreur manifeste d’appréciation et l’absence totale de lien entre son client et la personne condamnée. « Il y a plus de six mois, mon client Aboubacar Aïssata Diallo a été surpris de voir un huissier en exécution de la décision qui a condamné Dr Mohamed Diané. Il se trouvait que mon client n’est ni de près, ni de loin associé à monsieur Mohamed Diané. Les biens sont distincts et différents, le nom de mon client ne figurait même pas dans la décision qui condamnait Dr Diané, à plus forte raison la référence de ses biens qui se trouvent à Kaloum ici », a expliqué Me Yansané à l’issue de l’audience.
La défense a pu fournir des preuves irréfutables de la propriété légitime de son client. « Mon appréciation est que la Cour a vraiment dit le droit qu’on cherchait depuis longtemps. Nous avons fourni toutes les pièces, mon client détient un titre foncier qui date de 1922, avant même l’indépendance de la Guinée », a ajouté l’avocat, visiblement soulagé.
Cette décision de la Cour des appels de la CRIEF est bien plus qu’une simple victoire individuelle. Elle met en lumière les risques d’erreurs dans l’exécution des décisions de justice, particulièrement dans les affaires complexes de recouvrement d’avoirs. Elle rappelle également l’importance cruciale pour les justiciables de pouvoir prouver leur propriété, même face à l’appareil judiciaire.
Pour Aboubacar Aïssata Diallo, la page est enfin tournée. Il retrouve la pleine jouissance de son patrimoine, un immeuble de 12 étages situé dans la commune de Kaloum, dont l’histoire remonte à l’époque coloniale. Une victoire qui, selon son avocat, « dit le droit » et consacre la primauté des preuves tangibles sur les présomptions.
Mamadou Tanou Bah pour GuiStat.Com

