La commission électorale de la Fédération guinéenne de football (Féguifoot) a validé quatre candidatures à la présidence, à l’occasion du congrès prévu le 27 octobre prochain. À quelques jours de cette échéance cruciale pour sortir le football guinéen de la crise, des journalistes sportifs guinéens analysent les forces et les faiblesses des candidats et esquissent le portrait du futur patron du football national.
Pour les observateurs, les quatre dossiers retenus présentent des profils différents mais complémentaires. Mamadou Antonio Souaré est perçu comme un homme d’expérience, familier des rouages de la Féguifoot, qui a marqué l’histoire du football guinéen avec son club. Mamadi Doumbouya, actuel directeur général de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT), est vu comme un investisseur passionné, à la tête d’un club, mais qui n’a jamais siégé au comité exécutif fédéral. Ibrahim Kalil Kaba s’est, lui, révélé par son travail de manager, en faisant monter le Karfamoriah FC de la Ligue 2 à la Ligue 1. Enfin, Mohamed Chérif Haïdara est considéré comme un acteur indirect, dont le profil est jugé intéressant pour la fédération.
Au-delà des noms, les journalistes appellent à un président rassembleur, capable de tourner la page des crises.
« Je souhaiterais qu’à l’issue de ce congrès, nous ayons un président qui ait su tirer les leçons de la gestion passée, qui puisse sortir le football des guéguerres et qui ait la capacité de reconstruire et de réunir les acteurs. Nous n’avons jamais eu un président qui ait réussi à aller au bout des quatre années de mandat prévues par les statuts », a déclaré Alhousein Sy Savané.
Pour Alh Cheickh, l’enjeu n’est pas de trouver une star, mais de construire une équipe solide et solidaire.
« À une semaine du scrutin, ce n’est pas une personnalité qu’il faut, mais une équipe travailleuse. C’est de cela que la Guinée a besoin : une équipe solidaire, qui ne se fait pas de coups bas. On en est arrivé là parce que l’équipe était désunie. Dès la chute du bureau, les membres se sont dispersés dans différents clans. Il faut quelqu’un qui dirige tout le monde vers un seul objectif : le développement du football », a-t-il soutenu.
De son côté, Thierno Abdoul Barry insiste sur la dimension de rassembleur et sur la capacité du futur président à mobiliser des fonds.
« Le football guinéen a besoin d’un rassembleur, d’un passionné capable d’aller chercher des moyens en dehors des subventions des instances internationales et des 40 milliards annoncés par l’État. Il faut une capacité managériale et un carnet d’adresses, et il faut aussi s’intéresser au football féminin, où jusqu’à 8 millions de dollars peuvent être mobilisés sur quatre ans », a-t-il expliqué.
Revenant sur les raisons de la chute du dernier bureau, Thierno Abdoul Barry rappelle l’exigence qui attend le prochain élu.
« Le dernier bureau exécutif est tombé à cause de querelles internes. Ceux qui postulent savent qu’il faudra avoir les épaules larges pour rassembler et fédérer les idées autour du développement du football », a-t-il conclu.
Désormais, tous les regards sont tournés vers la composition de la future équipe fédérale, très attendue pour apaiser la situation et relancer le football guinéen.
Mamadou Saliou Camara pour GuiStat.com.

