De Conakry à l’intérieur du pays, des citoyens dénoncent un service qui ne suit pas le prix. Réputé pour certains comme un réseau fiable, Orange Guinée est perçu tout autrement par de nombreux abonnés. Ils sont de plus en plus nombreux, ces citoyens qui dénoncent le coût élevé des forfaits internet, la rapidité avec laquelle le pass se consume et une qualité de connexion qui laisse souvent à désirer. Pour accéder aux réseaux sociaux, travailler ou communiquer, beaucoup doivent payer cher, parfois au prix de sacrifices quotidiens.
Abonné depuis plusieurs années, Mohamed Lamine Bah ne cache pas son exaspération. Pour lui, le problème n’est pas seulement le prix, mais aussi la durée de vie des forfaits.
« Quand j’achète le pass d’une semaine à 14 000 GNF, je m’attends à tenir au moins sept jours. Mais ça ne me fait même pas toute la journée. Je ne regarde presque pas de vidéos, je ne télécharge pas de films. Je consulte WhatsApp, Facebook, j’envoie quelques messages. Pourtant, la vitesse avec laquelle mon pass internet finit est comparable à celle d’un TGV. Le réseau saute, repasse en 3G, parfois il n’y a plus rien. On paie pour un service, pas pour une loterie. C’est extrêmement difficile à digérer, surtout avec le coût de la vie. »
Fatoumata Camara exerce une activité de vente en ligne. Sans internet, son commerce s’arrête. Mais avec internet, dit-elle, c’est une grande partie de ses recettes qui s’envole.
« J’ai un revenu mensuel de 1 000 000 GNF. Quand j’achète le forfait d’un mois 34 Go à 260 000 GNF, ça ne me fait pas deux semaines. Je peux acheter le même forfait au moins trois fois dans un mois. Si vous faites le calcul, je dépense 780 000 GNF chaque mois rien que pour la connexion. 780 000 GNF moins 1 000 000 GNF, je n’aurai que 220 000 GNF. Avec ce montant dérisoire, est-ce que je peux nourrir ma famille ? NON ! Je vends en ligne, donc sans internet je ne vends rien. Mais avec internet, je travaille presque pour la connexion. L’État doit vraiment prendre des dispositions pour défendre les consommateurs guinéens dont le pouvoir d’achat reste à désirer. Les opérateurs doivent baisser les prix et améliorer la qualité. »
D’autres abonnés, interrogés par notre reporter, confirment cette galère quotidienne. Étudiant à Conakry, Ousmane Traoré explique que sa scolarité dépend désormais d’une connexion internet.
« Je suis en faculté. Mes cours, mes exposés, mes recherches passent par internet. Un forfait que je recharge le matin peut finir avant midi. Je suis obligé de me lever très tôt ou d’attendre des bonus nocturnes pour télécharger. Ce n’est pas une vie. On nous parle de digitalisation, mais le digital coûte trop cher. Si Orange ne peut pas garantir la qualité, qu’elle revoie ses tarifs. Nous ne demandons pas l’aumône, nous demandons un service juste. »
À Madina, un commerçant qui utilise WhatsApp, Mobile Money et Facebook pour faire tourner son activité témoigne également.
« J’utilise WhatsApp pour commander, Mobile Money pour payer, Facebook pour publier mes articles. La connexion coupe en pleine transaction. Des clients pensent que je les ignore. Quand je recharge 50 000 GNF, deux jours après c’est fini. Je perds de l’argent deux fois : dans le forfait et dans le commerce. Nous demandons des forfaits qui durent, une connexion stable et un service client qui répond. Orange doit écouter les Guinéens. »
Au-delà de ces témoignages, plusieurs reproches reviennent avec insistance : la cherté des forfaits par rapport au pouvoir d’achat, la rapidité de consommation des données, les coupures répétées, la lenteur du réseau, le manque de transparence sur le solde internet et les difficultés à joindre le service client.
Les abonnés réclament notamment une baisse des tarifs, des forfaits plus adaptés à leurs usages, des alertes de consommation plus claires, voire un report du solde non consommé. Ils demandent aussi des compensations lorsque le réseau est indisponible pendant plusieurs heures.
Dans nos prochains articles, nous tenterons d’obtenir les réactions de l’association des consommateurs et de la société Orange Guinée pour expliquer cette situation. L’enjeu est double : protéger le pouvoir d’achat des Guinéens et garantir un service de qualité dans un pays où internet est devenu un outil de travail, d’éducation et de commerce.
Affaire à suivre !
Mohamed Lamine SOUARÉ pour Guistat.com
Tél. : 627564667
E-mail : souaremohamedlamine56@gmail.com

